Showing posts with label New Narratives for Sport ®. Show all posts
Showing posts with label New Narratives for Sport ®. Show all posts

Thursday, September 17, 2026

ET SI CES 3 LIVRES POSAIENT LES BASES D'UNE VÉRITABLE NOUVELLE ANALYSE DU SPORT ?

Pour penser le sport demain, il faut accepter de pratiquer une rupture historique majeure car l’analyse sportive actuelle reste désespérément prisonnière de valeurs et de catégories léguées par le XIXᵉ siècle


Le sport au XIX° et XX° siècles reposait sur ce que nous appelons les « 3 P » (Périmètre, Performance, Présentisme)

1. Périmètre : Le sport s'est construit par l'isolation : le stade, le gymnase, le velodrome, l'hippodrome, c’est-à-dire des périmètres clos, des bulles artificielles et extra-territoriales.


2. Performance : Conçu à l'image de l'usine et de la machine industrielle, le sport s’est construit sur le classement, la quantification (le chrono, le mètre, le poids) et le rendement. 


3. Présentisme : Le sport moderne vit dans l'immédiateté de l'événement, du calendrier des compétitions et du spectacle instantané.

La crise climatique globale, l'épuisement des ressources et l'effondrement des repères de la modernité mettent aujourd'hui clairement ce modèle en faillite. 


Le sport est aujourd'hui devenu un fait social total qui nous oblige à repenser totalement ses vocations dans la société.


Mais pour penser et conceptualiser cette mutation, il faut chercher des armes conceptuelles en dehors du champ sportif traditionnel.


C'est ce que nous avons tenté de faire ici en croisant trois approches sociologiques, politiques et juridiques récentes :

-  « Où atterrir ? » de Bruno Latour,  

- « Liberté, Dignité, Habitabilité » de Baptiste Morizot et Laurent Neyret,  

- « La Tyrannie du présent » de Pierre Rosanvallon. 

On vous explique.


Ces trois essais partagent un constat fondamental : la pensée politique moderne - fondée sur l'individu souverain, la croissance illimitée et la frontière nationale - est incapable de saisir les enjeux qui dépassent l'échelle humaine immédiate. 

- Latour parle du Terrestre pour sortir du hors-sol des débats politiques traditionnels.


- Morizot et Neyret s’intéressent aux normes juridiques, ils imaginent le Principe d’Habitabilité comme condition du vivant.


- Rosanvallon s’intéresse à l’individu qu’il veut faire passer du statut de citoyen à celui de Terrien afin que le sujet politique intègre et incarne le temps long.

Ces auteurs permettent passer des 3 P (Périmètre, Performance, Présentisme) au ce que nous avons nommer les 3 T ®, c'est à dire :

- Terrestre, 

- Terrien, 

- Temps long.

On développe.

- Latour montre que ce qui structurait les affrontements politiques modernes s'est effondré et qu'il faut - au vu de la crise climatique - instituer un nouveau référent politique : le terrestre


-
Morizot et Neyret opèrent, eux, une inversion philosophique et juridique majeure : l'habitabilité de la Terre constitue la condition ultime et préalable à toute liberté, égalité ou dignité humaine.


-
Rosanvallon analyse, lui, la paralysie des démocraties contemporaines face à la crise écologique : soumises au présentisme et à l'immédiateté marchande, elles sont incapables d'intégrer le long terme. Pour sortir de ce piège, il imagine un nouveau sujet politique pour le XXIᵉ siècle, le Terrien :

- L’Individu (XIXᵉ siècle) : défini par ses droits subjectifs et sa place dans le marché. 

- Le Citoyen (XXᵉ siècle) : défini par ses devoirs sociaux et son appartenance à la communauté nationale. 

- Le Terrien (XXIᵉ siècle) : la nouvelle figure qui incarne au sein de chaque individu l'humanité étendue, les générations futures et l'appartenance à la communauté du vivant.

Articulés entre eux, ils offrent une première ébauche de refondation du fait sportif.


Pris ensemble, ces auteurs construisent en effet potentiellement une architecture théorique à trois étages (ce que nous appelons l'Analyse 3T ®) qui pourrait réinventer les fondements du fait sportif.


Mais une norme juridique ou une théorie politique restent des abstractions impuissantes tant qu'elles ne s'incarnent pas dans une épreuve sensible et quotidienne. 


Notre hypothèse de travail est donc simple : et si le sport pouvait incarner cette mutation politique ?


C'est ici que la pensée du sport rejoint la théorie politique : et si le sport était la médiation corporelle idéale pour incarner la figure du Terrien ?


Et si l'Analyse 3T ® (Terrestre, Terrien, Temps long) permettait donc de poser une nouvelle anthropologie sportive du XXIᵉ siècle ?


On poursuit la réflexion dans le prochain post.

Monday, September 07, 2026

UN JOUR, LA COUVERTURE CHANGERA...

Un jour sur la couverture, ça sera la fille qui sera devant. 


Ça changera… Ça donnera à réfléchir… 


Un peu plus tard - dans un autre livre - on comprendra que la fille et le garçon ne font pas un marathon… mais du run commuting. 


Ils n’auront ni l’un ni l’autre de dossard numéroté.


Ils pratiqueront le trans-sport ®.


Ça changera… Ça donnera à réfléchir… 

On sera passé du marathon lié à la guerre, puis à la compétition, au marathon lié à la mobilité active et écologique.


Mais ça, ça sera plus tard.


Quand on commencera vraiment à s’interroger sur les nécessaires nouvelles vocations et nouvelles promesses du sport au XXI° siècle.


Ça changera… Ça donnera à réfléchir…


.

Thursday, August 20, 2026

ET SI À CÔTÉ DE L'INSEP, ON LANÇAIT L'INSTITUT NATIONAL DU SPORT ET DU RÉENSAUVAGEMENT ?

Imaginons !


Imaginons que d’ici une quinzaine d’années le monde du sport français décide de faire sa grande révolution.


Imaginons que face aux dérèglements climatiques, les grandes fédérations sportives décident qu'il faut arrêter le bricolage de l'adaptation au climat et réinventer un nouveau récit du sport autour de nouvelles pratiques?


Qu’il faut assigner au sport un nouveau rôle sur une planète en souffrance.


Et que ce nouveau récit s’appelerait le Réensauvagement Défensif Sportif ®.


Un récit du sport qui ne viserait plus à mesurer la seule performance des corps, mais la performance des pratiques qui aideraient préserver le vivant. 


Un récit du sport qui disposerait d’une Charte du Réensauvagement Défensif Sportif ®.


Et qui serait soutenu parallèlement par nouvelle institution destinée à soutenir les nouvelles pratiques et qui aurait pour nom l’Institut National du Sport et du Réensauvagement (INSER).


L’INSER ne remplacerait pas l’INSEP.


L'INSEP resterait la maison de la performance sportive traditionnelle - celle des podiums -, alors que l'INSER préparerait aux nouvelles performances sportives du XXI° siècle - celle de la protection du vivant.


Si l'INSEP prépare aux médailles olympiques dans un environnement sportif ultra artificialisé, l'INSR serait son exact miroir subversif : un centre d'excellence dédié à la haute performance physique, scientifique et tactique au service de la sanctuarisation du vivant.


Plutôt qu'un campus ultra-moderne financé par l'État et les partenaires privés, ce serait un bastion de la résilience, implanté dans un milieu sauvage complexe - forêt dense, massif montagneux ou zone humide réensauvagée - choisi précisément pour son inconfort, considéré comme le premier des enseignements.


1. Les infrastructures : des "installations" brutes


À l'INSR, pas de pistes en tartan ni de bassins de 50 mètres chlorés :

. Pistes d'agilité et d'entrave : des parcours du combattant naturels intégrés au relief (éboulis, marécages, enchevêtrements de bois mort, franchissements de rivières sans ponts) pour développer une motricité adaptative extrême.


. Le laboratoire de "Physiologie de l'inconfort" : des zones d'entraînement exposées aux conditions météo brutes (froid, chaleur, humidité, nuit) pour acclimater les athlètes à la dépense énergétique en milieu hostile sans assistance technologique.


. Le pôle "Botanique & génie physique" : des serres de multiplication d'espèces pionnières (ronces, épines, essences locales) et des ateliers de charge lourde pour apprendre à transporter et implanter du vivant à haute cadence.


. Le Centre de récupération low-tech : bains en eau vive glacée, physiothérapie manuelle, nutrition dense issue du glanage et de la culture locale, loin des compléments alimentaires industriels.

2. Le profil des athlètes


L'admission ne se fait pas sur les tests traditionnels des Fédérations (perf, vma,...), mais sur la capacité à allier puissance athlétique et conscience du milieu :

. profils "Extracteurs / Infiltrateurs" (issus du parkour, de l'escalade, de la spéléologie) : capables de franchir n'importe quelle clôture, paroi ou structure industrielle pour accéder aux zones à protéger.


. profils "Endurance / Portage" (issus du trail, de l'aviron, du crossfit) : capables de transporter 30 kg de matériel ou de végétaux sur 50 km de terrain accidenté sans laisser de trace.


. profils "Hydro-Tactiques" (issus de la nage en eau vive, du kayak, de l'apnée) : spécialistes des interventions en milieux aquatiques - libération de cours d'eau, désenclavement de zones humides.


. profils "Sentinelles" : moins spectaculaires, mais essentiels - ce sont eux qui lisent un paysage avant tout le monde, qui remarquent la plante qui a changé de couleur ou l'oiseau qui ne chante plus au bon endroit.


. profils "Tisserands" : chargés de recoudre le lien entre les athlètes de l'INSR et les habitants des territoires où il agit, pour que la haute performance ne devienne jamais une arrogance isolée.

3. Le pôle de recherche


Là où l'INSEP cherche à optimiser des gains de performance grâce à des outils et des équipement de très haut niveau technique, le pôle recherche de l'INSR travaille sur :

. des outils légers, réparables, increvables ;

. des chaussures à empreinte neutre, conçues pour se biodégrader en fin de vie ;

. des protocoles de suivi écologique où chaque athlète devient aussi un capteur humain sur le terrain ;

. une revue interne, "Les Cahiers du Réensauvagement Sportif ®", qui documente moins des performances que des observations : ce qui repousse, ce qui revient, ce qui persiste.

Il y a probablement plein d'autres choses à imaginer, nous n'en sommes qu'au début de nos réflexions.


On vous laisse y réfléchir

Wednesday, August 19, 2026

CE QUE POURRAIT ÊTRE LA CHARTE DU RÉENSAUVAGEMENT DÉFENSIF SPORTIF

Dans notre précédent post nous émettions l'idée que puisse émerger dans les années qui viennent un véritable mouvement de Réensauvagement Défensif Sportif ®, ayant vocation à faire du sport un outil de préservation du vivant.

Mais comme tout mouvement qui se veut à la fois clair et efficace dans ses objectifs et ses méthodes, nous avons imaginé que ce mouvement se dote d'une charte du pratiquant, la Charte du Réensauvagement Défensif Sportif ®.

Voici cette Charte du Réensauvagement Défensif Sportif ®, toute simple et en seulement 4 points à fois 

Charte du Réensauvagement Défensif Sportif 

1. Adapter le corps au milieu, non l'inverse

- Nous refusons la dépendance aux infrastructures lourdes, énergivores et artificielles 

- Le terrain de pratique est brut, changeant et vivant. L'athlète développe son agilité, sa proprioception et sa résilience en s'adaptant à la complexité du milieu naturel, sans chercher à le dompter ou à l'aplanir.

2. Faire du sport un bouclier territorial et écologique

- Chaque sortie, entraînement ou itinérance est une présence attentive sur le terrain. Nous mettons nos compétences physiques et d'orientation au service de la protection des espaces menacés par le bétonnage ou l'extractivisme. 

- En arpentant les zones tampons et les corridors écologiques, nous documentons l'état du vivant, signalons les dégradations et affirmons un usage citoyen protecteur face à l'accaparement des terres.

3. Favoriser la régénération passive et la botanique de combat

- Là où nous évoluons, nous faisons alliance avec les processus naturels. Nous respectons la libre évolution des milieux et favorisons le retour de la végétation spontanée sur les espaces sportifs obsolètes ou dégradés. 

- Nous adaptons nos itinéraires pour contourner strictement les zones de nidification ou de régénération fragile, transformant la contrainte géographique en éthique de pratique.

4. Cultiver l'autonomie et la sobriété matérielle

- Le matériel doit être durable, réparable, low-tech et réduit au strict nécessaire. Nous rejetons la course à l'équipement jetable et au renouvellement superflu. 

- La véritable performance réside dans l'autonomie : savoir s'orienter sans signal GPS, gérer son effort face aux intempéries, lire le terrain et évoluer en sécurité sans laisser d'autre empreinte que l'éphémère trace de nos pas.


Oui, c'est clairement un outil d'écologie politique et sportive.


On vous laisse y réfléchir et imaginer toutes les améliorations possibles.