"Ma terre natale est celle de l'imagination questionnante."
Peter Handke - "Hier en chemin - Carnets 1987-1990 "
"Ma terre natale est celle de l'imagination questionnante."
Peter Handke - "Hier en chemin - Carnets 1987-1990 "
"Que se passe-t-il la nuit dans un monde virtuel ? Au rythme ralenti de mes promenades, j'ai parcouru des espaces oubliés des joueurs, en marge de l'action. Le trouble plane sur la nature et l'origine de ces photographies flottantes. Ici, les choses tendent à se dématérialiser dans des atmosphères brumeuses; s'agit-il d'une région perdue du monde? D'un rêve étrange ou encore d'une vision post-apocalyptique ? Mes photographies offrent des éléments de lisibilité contradictoires. Le temps est une notion récurrente dans mon travail. En effet, quelle valeur a-t-il dans un monde virtuel ? Quelles traces laisse-t-il sur ces images extraites d’un univers programmé ? Y'a-t-il des failles, des instants de flottement ? Si les titres marquent le temps, les éléments des photographies restent imprécis. Ils se dérobent et se perdent dans l'atmosphère sombre et diffuse. Les lieux, les hommes, la nature semblent s'évanouir. Est-ce l'appareil photographique qui est inapte à saisir cet univers ? Ou bien est-ce l'esprit qui peine à en saisir les contours? Ce flou renvoie à l'immatérialité et à la fugacité des rêves." - Thibault Brunet
"Je reviens vers les zones de conflits, vers la ville. Un peu en retrait, je suis les combats. Je ne trouve pas de morts, pas de cadavres, pas de sang mais des impacts. Je photographie les marques laissées pas ces conflits programmés qui se déroule devant moi et sans moi. Les rues sont désertes. Loin des conflits, il ne règne que peu de vie dans un jeu vidéo, la ville et ses immeubles ne sont plus que de simples décors." - Thibault Brunet
"J'ai parcouru cet espace virtuel troublé au rythme des missions imposées. Dans la peau d'un soldat, j'ai rampé parmi les tirs, les coups et les explosions, j'ai tué, j'ai lutté. Immergé corps et âme dans cet univers d'instabilité, je suis allé jusqu'aux limites du jeu et de son histoire. Photographe reporteur de guerre, j'ai arpenté les territoires reconstitués de Karachi. Observateur patient, j'ai attendu caché derrière la carcasse d'une voiture et blotti dans un recoin d'une rue dévastée, ces images prises sur le vif d'une guerre hors du temps et de l'histoire. Dans l'espoir de la bonne photographie, j'ai forcé parfois la programmation du jeu, obligeant mes compagnons virtuels au combat. J'ai ainsi traqué sous les couches de la réalité virtuelle, les traces d'une humanité. Karachi est un récit universel et intemporel." - Thibault Brunet