Friday, December 05, 2014

5 CORPS / 5 MOBILITÉS

Un corps fusée, un corps mécanisé et un corps augmenté face à des corps enfermés et cellophanisés ...

Pour prolonger mon précédent post, cinq images de cinq corps "en mouvement" tirées de "Call of Duty - Advanced Warfare".

Ça se regarde et ça se médite pour penser demain.

Thursday, December 04, 2014

2 JEUX / 2 GUERRES / 2 CORPS / 2 VILLES

Les images ci-dessus sont extraites de "Call of Duty - Advanced Warfare".
On y voit des militaires équipés des meilleurs technologies de pointe; casque connecté, exosquelette et micro-drones.
C'est la guerre moderne vue et pratiquée par les Américains ou les Israéliens.

Les images ci-dessous sont extraites de "The War of Mine".
On y voit pas de militaire, que des civils désarmés, apeurés et tentant de survivre avec des moyens de fortunes.
C'est la guerre moderne vécue par les habitants de Sarayevo il y a vingt ans (c'est le point de départ du jeu) ou par les Palestiniens de Gaza aujourd'hui.

Le premier jeu est américain et reflète les formes du nouvel interventionnisme de l'US Army - léger, rapide et ultra-techonologique, voir . Il reflète aussi la guerre du côté de ceux qui décident de la faire au nom d'une certaine vision du monde. 

Le deuxième jeu est polonais et reflète les formes des conflits européens depuis une vingtaine d'années, en Yougoslavie hier, en Ukraine aujourd'hui. Il reflète aussi la guerre du côté de ceux qui la subissent. Dans 10 ans on jouera peut-être à des jeux irakiens, syriens ou palestiniens.

Ces jeux sont donc deux visions de la guerre.

Mais aussi deux visions du jeu vidéo. L'une purement ludique et presque jubilatoire, l'autre plus réfléchie, plus profonde.

Deux visions du corps. Un corps augmenté contre un corps souffrant.

Deux visions de l'héroïsme. Un commando des forces spéciales contre une femme protégeant son enfant.

Deux visions de la technique. La hight tech contre le "do it your self". 

Deux visions de la ville. La ville mobile et connectée, symbole de modernité, contre une ville cachée et statique, symbole de régression. 

Deux visions du monde. Un monde émergent et ultra-dynamique - SéoulLagos et New Bagdad dans "Call of Duty" - contre une Europe fatiguée et divisée - Sarajevo dans "War of Mine".

Et donc - en apparence - deux visions du futur. A moins que ce ne soit que les deux faces d'un même avenir plus riche, plus connecté, plus inégal, plus religieux, plus intolérant, plus violent ...

Ce qui renvoie, entre autres, à cela, cela et cela

Wednesday, December 03, 2014

QUAND LES VOITURES ET LES ASCENSEURS VONT SE REJOINDRE

La scène certainement la plus spectaculaire de "Minority Report" est celle dans laquelle un ascenseur se transforme en voiture ... avant de redevenir un ascenseur - voir toute la séquence, .

A l'époque, le film est sorti en 2002, ce passage fut un véritable choc tant il semblait présenter une utopie lointaine.

Depuis les choses ont radicalement changé.

Le voitures automatiques ne sont plus une utopie et devraient même peu à peu se banaliser dans les années qui viennent et ainsi devenir des ascenseurs horizontaux. Il suffira de monter dedans, de dire où l'on veut aller et elles nous y conduiront - voir  et .

Si on pouvait déjà penser la voiture comme une cabine d'ascenseur, il manquait la notion de réseau dans et sur les immeubles.

L'ascenseur sont en effet des objets solitaires coincé qu'ils sont dans une gaine les réduisant à une mobilité certes très pratique mais purement verticale.

Sauf que les choses - comme pour la voiture - sont peut-être sur le point de changer et que l'on pourrait peut-être vivre dans la décennie à venir une petite révolution en matière d'ascenseur, donc en matière de mobilité urbaine et donc d'urbanisme. 

C'est en tout cas ce que peut laisser penser le projet MULTI présenté par ThyssenKrupp il y a quelques jours - voir les images ci-dessous, et tous les détails, .

Évidement ce projet n'est qu'un projet d'ascenseur sans lien avec la circulation automobile (voir les images ci-dessous), mais la façon très habile dont Thyssen le présente ne peut que renvoyer à Minority Report.

Car là où ThyssenKrupp met ses cabines bleues, nous on peut imaginer y mettre une Google Car ou une de ses petites soeurs autonomes. Ca change évidement de façon radicale la nature des immeubles et cela nous renverrait à cette vieille idée d'une voiture à tous les étages et de la voiture comme une pièce en plus - voir sur ce sujet, .

Ce que fait apparaître ce projet en tout cas, c'est que la voiture autonome ne va donc pas simplement perturber nos façons de penser nos rues, leurs circulations et les activités qui s'y déploieront, mais aussi nos immeubles. 

La bonne nouvelle c'est qu'en mettant sur un pied d'égalité la voiture et la cabine d'ascenseur, ce dernier devrait enfin retrouver une place digne de son rôle dans la pensée urbaine. Rappelons juste qu'aujourd'hui dix tours de 500 à 1 000 mètres sont actuellement en construction dans le monde et qu'en 2019 à Djeddah sera inaugurée la première tour atteignant le kilomètre de hauteur.

Et pour continuer à réfléchir sur le parallèle voiture / ascenseur, voir "Elevators : the time cost ".

Et sans attendre demain, voir à Singapour, . C'est a priori très con nouveau riche, mais il faut bien intégrer que la bagnole fait encore rêver beaucoup de monde et que la voiture autonome n'est pas forcément un idéal pour tous - voir "Toyota contre Google Car".

Tuesday, December 02, 2014

VERS DES TATOUAGES INTELLIGENTS ?

Ci-dessus deux vêtements techniques signés Nike et Salomon.

Ci-dessous un corps tatoué.

Si on constate que le tatouage devient de plus en plus incontournable dans la pensée sur le corps humain - .

Si on constate dans le même temps que le tatouage est de plus en plus important dans le sport et la pensée mobile - .

Et si enfin on fait le constat que le strapping est une pratique de plus en plus développée chez les athlètes de haut niveau (images ci-dessous)

Alors ...

Alors, on a envie de poser une question toute simple : à quand des tatouages intelligents qui protégeront et doperont notre corps ?

Ces images annonceraient-elle une future bataille Nike vs L'Oréal ?

Plus, .

Et pour continuer à réfléchir à la question, je vous propose ces deux images ci-dessous.

Monday, December 01, 2014

VERS UN RETOUR DES INDIANS RUNNERS ?

Tenter de faire de la prospective sur la mobilité suppose de s'interroger sur les nouveaux imaginaires mobiles.

Tenter de comprendre comment le sport peut nourrir ces imaginaires mobiles, suppose d'essayer de comprendre les nouveaux imaginaires du sport.

Le sport a formidablement changé - voir  - et a radicalement modifié la pensée sur la mobilité et va encore plus le faire dans les années qui viennent - voir , entre autres.

L'une des question qui sous-tend ce post est : où regarder pour comprendre quels pourraient être les nouveaux imaginaires du sport dans la décennie à venir ?

L'une des hypothèses que pose ce post est : et si les Peaux Rouges redevenaient des références ?

Ou dit autrement : et si dans la foulée du trail et de l'ultra-trail, la culture indienne venait renouveler les imaginaires d'une sportivité en constante recherche de nouveautés ?

Cette hypothèse s'appuie évidement sur une histoire : celle du rôle de la course dans la culture indienne - voir, par exemple, .

Cette culture fut symbolisée au XX° siècle par des coureurs comme le Cherokee Andy Payne, vainqueur en 1928 de la mythique Trans-American Footrace, ou Billy Mills, Makata Taka Hela de son nom, vainqueur d'un 10 000 mètres d'anthologie au JO de Tokyo de 1964 - film, . Une victoire qui paradoxalement allait marquer le commencement du déclin de la culture de la course dans les populations indiennes des Etats-Unis et du Canada.

Certains tentèrent bien de faire revive cette culture ancestrale en la magnifiant, notamment Peter Nabokov dans les années 80 avec son "Indian Running", mais globalement tout cela ne correspondait plus à aucune réalité indienne - plus

La banalisation du jogging au cours des années 90 avait, en effet, peu à peu sorti la course de l'univers des grands espaces sauvages pour en faire un sport totalement urbain.  

Et au début des années 2000, la resurgence très forte et concomitante du barefoot ou de l'ultra-trail ne profitat pas non plus vraiment aux indiens. Et pour cause ... ils ne couraient plus, une bonne part de la population indienne souffrant d'obésité et d'alcoolisme.

La grande référence culturelle et ethnique devenait alors les coureurs des hauts plateaux africains, kenyans ou éthiopiens, mais certainement plus les indiens. 

L'admirable livre de Christopher McDougall "Born to run" consacré à la culture de la course chez les Tarahumara ne changea pas grand chose, noyé qu'il fut dans une production de bouquins sur les vertus supposées du barefoot.

Cette renaissance de la course légère était dans le même temps captées par des marques comme Vibram - voir "Le nu comme idéal ?" -, Havaianas - voir  - et l'incontournable Nike - voir  ou 

Mais les choses sont peut-être en train de changer.

Le basculement a commencé en 2000, quand Sam MacCracken, l'un des patron d'origine indienne de Nike, eut l'ambition de vanter un mode de vie plus sain auprès des trois millions d'indiens vivant en Amérique du Nord. 

C'est dans ce cadre que la marque au swoosh lançait en 2007 à la fois sa première campagne de communication pour inciter les indiens à refaire du sport - voir le film,  -, mais aussi sa Air Native, première chaussure conçue spécialement pour les native american

Parallèlement Nike mettait sur pied sa N7 Foundation destinée à financer un certains nombre de programmes et d'équipements sportifs et éducatifs dans les réserves indiennes et à soutenir les athlètes indiens.

Depuis la machine marketing qu'est Nike s'est mise en branle en lançant sur le marché plusieurs lignes de produits aux couleurs indiennes, reprenant là un filon ethnique que la marque développe actuellement dans un pays comme la Chine - voir .

Reste maintenant à savoir si cette renaissance va non seulement réellement profiter aux communautés autochtones, mais aussi si cela va remettre la culture indienne à l'honneur et ce dans une mouvance moins passéiste et folklorique qu'elle ne l'est aujourd'hui. Dans un monde de plus en plus uniformisé, l'ethnique devrait être un des vecteur de différenciation dans les années qui viennent - voir les politiques d'Havaianas avec le Brésil ou de Puma avec l'Afrique - et il n'y aucune raison pour que les peuples indiens n'en bénéficie pas.

L'autre question est de savoir si la culture indienne va pouvoir à la fois nourrir et profiter de la montée en puissance de l'ultra-trail et être capable de développer autour de cette pratique un véritable discours comme a su le faire à lui seul un athlète comme Kilian Jornet - voir "Du militaire à l'ultra-trailer comme référence de la performance ?

Si c'était le cas, la culture indienne sortirait alors enfin d'un certain folklore symbolisé par un esthétisme pour touristes, pour devenir une vraie démarche de fond associant sport et écologie, deux domaines a priori très porteurs des années à venir.