Monday, September 02, 2019

ET SI L'UTMB AVAIT TOTALEMENT OUBLIÉ LA MONTAGNE ?

Chez Transit-City, on aime la montagne et c'est pour cette raison que nous avons monté en 2013 notre Mountain City Lab et que nous essayons de comprendre comment les mobilités montagnardes peuvent irriguer nos imaginaires mobiles - voir "Et si la montagne nous aidait à penser autrement les mobilités ?

Chez Transit-City, on aime aussi le trail et on essaie de comprendre comment cette discipline peut nous aider à penser les mobilités - voir "l'ultra-traiter comme référence de la performance mobile ?" et "ca serait quoi une Salomon mobility ?"

On s'est toujours intéressé à l'Ultra Trail du Mont Blanc (UTMB) et la façon dont cette course pouvait nous aider à penser demain - voir "Et s'il était urgent de réinventer l'UTMB ?"

Ce qui est aujourd'hui valorisé dans l'UTMB, ce n'est plus la montagne, c'est le coureur et la performance. C'est le summum de ce que nous appelons le Temps 4 des mobilités montagnardes, celles de mobilités sportives - voir,

La montagne est désormais oubliée, elle n'est plus qu'un arrière fond un vaste terrain de jeu comme on peut le voir sur l'affiche de l'édition 2019 qui a eu lieu ce week-end.
D'autres grands trails dans le monde on une approche différente et plus respectueuse de leur environnement.

Parmi eux, on peut citer l'exceptionnel Ultra Trail du Mont Fuji (UTMF).

Les organisateurs japonais mettent eux en avant la montagne, comme on peut le voir sur l'affiche de l'édition 2019 qui a eu lieu en juin (image en haut)

Et quand ils mettent en scène des coureurs comme en 2018, ils montrent des traileurs dominés par la montagne et qui sont presque effrayés par elle - l'image ci-dessous.

On pourrait s'imaginer que ces affiche de l'UTMF ne sont qu'une reprise ou une déclinaison de l'esthétique développée par Hokusai dans les Trente-six vues du mont Fuji par Andô Hiroshige dans les Cinquante-trois relais du Tôkaidô.

C'est plus profond que cela.

Ces affiches ont une explication religieuse.

Les Japonais sont de culture animiste et le shintoïsme est encore très vivant.

Ils mettent donc sur un pied d'égalité l'homme et la nature.

Pour eux, la montagne est dotée d'un esprit. 

Elle est sacrée comme on le comprend quand on gravit le Mont Fuji dont les chemins sont balisés par petits sanctuaires pour des génies protecteurs qui continuent à être honorés par les marcheurs.

L'homme ne dominera jamais la montagne, comme le montre de façon très significative l'image ci-dessous.

C'est tout le contraire de l'approche développées en Europe et plus particulièrement en France depuis 60 ans - voir "Et si les Alpes devaient enfin changer de culture mobile ?"

Ces réflexions renvoient évidement au retour du sacré dans la façon d'appréhender la montagne comme le montre la récente décision australienne d'interdir l'accès à l'Ayer Rock au nom du respect des cultures aborigènes. - voir "Vers un retour de la montagne sacrée ?

On reviendra plus longuement sur ce sujet des rapprit entre religion et sportivité lors de notre Atelier Transit-City du 13 septembre organisé autour de la question "Et si c'était à Branly que s'inventaient nos futures mobilités ?"