Wednesday, September 24, 2014

VERS UN HOMME QUI NE SE FATIGUE PLUS ?

Ci-dessus une image d'Aleksei Stakhanov, ce célèbre mineur qui fut fait héros du système soviétique dans les années 30 pour son dévouement au travail.

Ci-dessous deux images de ce à quoi pourrait ressembler les ouvriers du bâtiment dans quelques années si ceux-ci devaient s'équiper d'exo-squellete. 

Conçus au départ pour les militaires par Lockhhed-Martin, ces exo-squelettes Fortis  ont une seule vocation : réduire la fatigue physique des ouvriers pour qu'ils soient plus productifs. Voir "Et si c'était ... "

Ci-dessous deux images de la "chairless chair" conçu par Noonee dont est elle aussi de permettre une meilleur productivité des travailleurs.

Tout ceci n'est pas nouveau, cela fait plus d'une décennie que les Japonais travaillent sur ce genre d'exo-squellettes dont ils furent longtemps les seuls spécialistes - voir et

Ces prothèses sont une nouvelle facette du marché des wearable technologies qui sont en train de modifier peu à peu nos rapports au corps (), à la performance sportive () et au travail (). Ces prothèses sont donc, aussi, le visage d'un néo-stakhanovisme qui ne dirait pas son nom, mais dont le fondement idéologique - la production à tout prix - ne serait pas loin de celui inventé en URSS autour du personnage de Stakhanov.

Derrière ces appareils, le discours sous-jacent est, évidement, que demain pour être "performant" il ne nous suffira pas d'être connectés, il faudra en plus que l'on soit "prothésés"

L'une des autres grandes questions étant : demain, avec ce genre d'équipement, aurons nous le droit d'être fatigués ?

On est pas loin de "Sarif, our next world ?"

On en reparle vendredi matin, .

Tuesday, September 23, 2014

UN TAPIS ROULANT + UNE IMPRIMANTE 3 D = LE BUREAU DU FUTUR ?

Pour prolonger mon dernier post et mes récentes réflexions sur la notion de performance sportive et l'émergence du post-fordism, vous pouvez regarder  "Linus Torvalds Guided Tour of His Home Office".

C'est pas forcément très désirable ni très chaleureux comme ambiance, mais tous les ingrédients du post-fordism sont là : le bureau à la maison, le tapis roulant et l'imprimante 3D.

On est à la confluence parfaite de "Et si c'était le travail qui devait enfin révolutionner l'habitat ?" et de "Et si c'était Nike qui réinventait les imaginaires du bureau ?"

Et pour aller plus loin sur le sujet voir, "La recherche ... en marchant".

Monday, September 22, 2014

ET SI LE POST-FORDISM, C'ÉTAIT LA MOBILITÉ STATIQUE ?

Pour faire un lien entre mes récentes réflexions sur le corps, la performance sportive et la fin du fordism.

L'une des caractéristiques du fordism est de réduire au maximum la mobilité des travailleurs en les maintenant à des postes fixes.

L'une des caractéristiques du post-fordism contemporain est, au contraire, de chercher à rendre les travailleurs les plus mobiles possible afin que ceux-ci puissent travailler partout et tout le temps. 

Tous les travailleurs n'ayant pas vocation à être nomades, on peut se demander si afin que tous les travailleurs soient en permanence mobiles, l'idéal du poste de travail de demain ne serait pas un tapis roulant face à un ordinateur ?  

Cette "mobilité statique" (bel oxymore !!) ne serait non plus fondée sur un vrai déplacement, mais juste sur la nécessité du mouvement afin de maintenir les travailleurs en forme et en éveil.  

Si cette nouvelle idéologie devait demain irriguer les imaginaires manageriaux, alors le "parfait travailleur du futur" pourrait être un actif hyper-connecté marchant sur son tapis comme un hamster dans sa roue. C'est terrifiant, mais c'est un mouvement déjà plus qu'émergent - voir "Et si c'était Nike qui réinventait les imaginaires du bureau ?"

Dans ce contexte, l'une des vraies questions sur l'évolution des conditions de travail pourrait être : et si demain la performance professionnelle était indexée sur la performance sportive ?" 

En tout cas aujourd'hui tous les ingrédients sont là pour que pour se mette en place un tel système - voir "Quand la notion de performance sportive change de nature" et "Et si désormais il fallait regarder le monde sous ce prisme ?"

On en reparle ce vendredi lors de notre Atelier consacré à la notion de performance sportive - .

Et pour ceux qui préfèrent imaginer le travail de demain allongé, voir "La performance couchée" et "Couché".

Friday, September 19, 2014

L'ACTRICE PORNO ET LE SUPERHÉROS COMME SYMBOLES DU FORDISM ?

Pour faire un lien entre mes récentes réflexions sur le corps et sur la fin du fordism, lire ces quelques lignes du plasticien Gilles Barbier parues dans Arts Magazine en juillet dernier.
"Le superhéros est un personnage consternant. Non seulement il est coincé dans son copyright, mais en plus il est bloqué dans son rôle, comme une actrice porno. Le superhéros entretient avec l'actrice porno une relation cachée: on sait pertinemment comment ça se termine, il ne peut pas y avoir d'autre issue ! Il (comme elle) ne sait rien faire d'autre ! 
Je ne suis pas théoricien mais, pour moi, le superhéros, c'est un peu l'histoire du type super fort inventé à l'âge du Fordisme. Il a un truc à lui, c'est en général assez débile, mais il le fait bien, il le fait à fond, c'est son truc et il le fait tellement bien qu'il s'appelle un peu comme ce truc qu'il fait si bien. C'est mécanique."
J'avoue que j'avais jamais envisagé le fordism sous cette angle, mais en même temps on est dans le prolongement de "Sex et automobile: une simple histoire de mécanique ?"

Thursday, September 18, 2014

PISTORIUS SUR DES FOILS ?

Troublant la façon dont les rapports au corps et à la technique peuvent parfois se modifier très rapidement à partir d'objets conçus pour des utilisations très différentes, mais dont les formes, les matériaux et le résultat sont pourtant étrangement similaires - .

Wednesday, September 17, 2014

POST-FORDISM : LE KAYAK INUIT COMME MODÈLE ?

Dans la série "Ce sont quoi les nouveaux imaginaires du post-fordism ?"

La révolution post-fordiste ne va pas seulement être une révolution technique.

Ella va aussi - et surtout - être une révolution culturelle.

Elle va engendrer des modes de pensées et de conceptions radicalement nouveaux.

Les moteurs de ces nouvelles démarches de conceptions vont être de natures très différentes (économiques, techniques, écologiques, sociaux, culturels, ludiques, sportives, néo-luddites... ) et les produits qui sortiront de ces nouveaux process devraient prendre pour certains d'entre eux des formes aujourd'hui difficilement imaginables ().

Ce qui est certain aussi, c'est que le post-fordism devrait aboutir à une production ultra-personnalisée avec des produits totalement adaptés aux envies, aux besoins mais aussi au corps de l'individu qui l'acquerra.

Dans cette optique d'hyper-nidividualisation, je me suis demandé : 

Quel est aujourd'hui le moyen de transport pensé, conçu et construit autour des particularités du corps de celui qui va l'utiliser ?

La réponse la plus intéressante que j'ai trouvé est le kayak inuit fabriqué depuis plus de 4 000 ans et dont aucun modèle ne se ressemble à un autre, chaque kayak étant le reflet de la morphologie de celui qui l'utilise. 

Voila ce qu'on peut lire dans le très réjouissant "Le kayak anthropométrique " écrit par deux jeunes designers et d'où j'ai aussi pris les dessins qui illustrent ce post : 

(...) "Le constructeur utilisait un système de mesure personnel pour créer un kayak à la mesure de son propre corps. La longueur du kayak est égale à trois fois l’écartement de ses bras tendus (qui est égale à sa hauteur – cf. homme de Vitruve).

La largeur au niveau du poste de pilotage est déterminée par la largeur du « massiq » (la pièce de pont la plus large du bateau), équivalente à la largeur des hanches du constructeur additionnée d’un pouce à un poing en épaisseur ou en largeur. La profondeur du bateau est équivalente à la largeur d’un poing plus la longueur d’un pouce." (...) 

(...) "Les Inuits ne sachant pas nager, tomber à l’eau leur serait fatal (au choix : noyade ou hypothermie). La nécessité de « faire corps » avec son bateau prend alors tout son sens. 

Ainsi, après avoir chaviré, « faire corps avec » permet de se retourner en prenant appui – des pieds, des genoux, des hanches – sans avoir à sortir du bateau. Se mouiller au minimum permet ici d’augmenter ses chances de survie. (...) 

(...) Objet premier (et non primitif) car il est aujourd’hui construit, débarrassé des oripeaux du bateau de chasseur, mais perpétué et réinventé par de nombreuses communautés d’usagers à travers le monde.

“Il est à la fois objet racine (forme du Néolithique persistante) et objet repère (témoin d’évolution de pratiques et de techniques d’un peuple sur au moins 4 000 ans).” (...)

(...) L’implication du corps prend tout son sens dans ce processus. La forme se construit autour du corps, à la mesure du corps et en l’impliquant pleinement.(...)

Le texte est à lire in extenso est .

Il ouvre de très belles perspectives de réflexions notamment sur les nouvelles façons de penser les moyens de transports ultra personnalisés, plus light et plus sportifs du futur. On y reviendra très bientôt.

Ce texte est aussi, me semble-t-il, un lien parfait entre nos récentes réflexions sur le post fordism () et le prochain Atelier Transit City du 26 septembre organisé autour de la question "C'est quoi penser la performance sportive ?"

Tuesday, September 16, 2014

VERS UN POST-FORDISM AUTOMOBILE BIOLOGIQUE ET LUDIQUE ?

Dans la série "Ce sont quoi les nouveaux imaginaires du post-fordism automobile ?"

Et si demain les voitures pouvaient se fabriquer à partir de matériaux biologiques ?

Et si cela changeait la façon de produire et de recycler les voitures de façon plus intelligente et plus écologique ? 

Et si demain on aboutissait à un système éclaté de production déterminé selon les ressources locales, le climat local et les modes locales ?

Bref, et si parallèlement à la révolution de l'imprimante 3D , la conception automobile s'inspirait des modes de conception biologique ?

C'est à ces questions que tentent de répondre Alexandra Daisy Ginzberg dans une démarche qu'elle explique 
C'est frais, c'est réjouissant et cela pourrait annoncer une facette plutôt joyeuse du post-fordism automobile émergent

Dans l'esprit, on est pas très loin des scenarios Biocars et Digicar (images ci-dessous) développés dans le cadre du très beau projet "United Micro Kingdons".

Sur ce sujet voir aussi :

Monday, September 15, 2014

QUAND L'INDUSTRIE AUTOMOBILE CHANGE D'ÈRE, ET QUE CELA RESSEMBLE A UNE RÉVOLUTION

Dans la série "Ce sont quoi les nouveaux imaginaires du post-fordism automobile ?"

L’imprimante 3 D est en train de bouleverser radicalement la fabrication de la voiture.

C'est tout sauf une surprise, voir Imprimer sa voiture, mais aussi .

Sauf que maintenant ça existe, voir Born Different.

On peut, entre autres, en déduire que le système fordist va être très très sérieusement remis en cause dans les années qui viennent - voir  et 

Certaines hypothèses deviennent moins utopiques - voir "A Vehicle That Builds Itself".

Dans quelques années, la carte de l'industrie automobile pourrait ressembler à celle ci-dessous - voir "Nous connectons 750 millions de personnes à l'impression 3D".

Nous, chez Transit City, cela fait plusieurs années que l'on raconte cette explosion des modèles et des sources d'innovations avec les deux slides ci-dessous dans la lignée de cela et cela.

Bref c'est à une vraie révolution à laquelle nous assistons et dont les conséquences vont être énormes aussi bien dans le monde du travail - -, que dans celui du commerce - et - mais aussi dans celui de l'habitat - voir  et .

On est entre cela et cela, et c'est juste passionnant.

Et donc on y revient très vite.

Thursday, September 11, 2014

ET SI C'ÉTAIT NIKE QUI RÉINVENTAIT LES IMAGINAIRES DU TRANSPORT AÉRIEN ?

Pour penser l'avenir du transport aérien, il y a aujourd'hui deux grandes tendances

- La première tendance est de mettre les objets connectés au centre de la réflexion et espérer qu'ils nous offriront une mobilité fluide, notamment avant et après le vol. C'est notamment la promesse que fait Google avec son Android Wear dans ce petit film  dont les images ci-dessus sont extraites. C'est évident totalement faux, d'abord parce que l'information n'a jamais assuré la fluidité, et ensuite parce qu'on sait pertinemment que dans les années qui viennent les contrôles de sécurité dans les aéroports ne vont faire que s'accroitre et que prendre l'avion va longtemps rester un parcours d'obstacles (voir : Quand British Airways casse - enfin - l'insupportable mythe de la mobilité fluide.)

- La deuxième tendance est de mettre le corps au centre de la réflexion en partant notamment du constat qu'un vol c'est deux grandes étapes : la "course" avant le vol et le confinement pendant le vol. 

Et si on pousse la métaphore sur l'avant vol comme une course (ce que confirme le film Google ci-dessus dans lequel on voit la jeune femme regarder combien elle a dépensé d'énergie avant d'embarquer), on ne peut que constater qu'un hall d'aéroport est en fin de compte très proche d'une salle de sport, notamment par l'activité qu'on y déploie, et qu'il faudrait en fin de compte peu de chose pour transformer une salle d'embarquement en espace de fitness.

Mais aujourd'hui cet axe sport est très peu développé, tous les efforts du monde aérien étant plutôt mis sur le confort statique et le fait d'essayer de faire marcher le moins possibles les passagers. C'est dommage car il est évident que les grandes marques de sports ont aujourd'hui beaucoup de chose à dire sur la mobilité active en général (voir ) et sur le monde du transport aérien en particulier (voir Nike vs Air France). 
La preuve est probablement ce travail fait par l'agence de design Teague pour le compte de Nike visant à imaginer un avion comme un espace de préparation et de récupération pour des équipes de sportifs professionnels - tous les détails .

Voilà comment l'agence présente son travail :
"This idea inspired Teague to develop a customized airplane interior focused on the unique needs and challenges of traveling athletes. As the leading design consultancy for aviation, we understood from the beginning that a partnership with an expert in athletic performance was key to a successful project. The Nike design team was a natural fit for collaboration and idea exchange. In order to better understand the needs of athletes, we conducted interviews with team physicians, coaches, operations staff, and sleep specialists working with both collegiate and professional teams. We also worked with designers and training experts from Nike to ensure that our understanding of how to design for athletes was on track. What did we find? The need is real. Crowded game schedules and travel by flight is a fact of life for professional athletes, but it is one that comes at a price: injuries and suboptimal performance.
Armed with these insights about the lives of professional and collegiate athletes, we focused our design efforts on four areas of performance innovation that are not addressed by commercial charters: 
Recovery: equalizing the negative effects of air travel on the mind and body, and bringing the training room to 40,000 feet through in-flight biometrics and analysis to accelerate injury diagnosis and treatment. 
Circulation: fostering natural mobility and building in equipment that ensures optimal circulation and promotes healing. 
Sleep: designing ideal sleeping conditions for individuals and sleep strategies for entire teams to maximize physical readiness. 
Thinking: creating spaces for key mental activities, especially film study - enabling in-transit film review both before and after games."
On aura compris que ce travail de réflexion n'a évidement pas vocation à se développer à court terme, mais il a le grand mérite d'offrir des perspectives de renouvellement sur l'aménagement des avions comme espace de sport et de récupération qui sont loin d'être inintéressantes notamment dans le cadre de nos réflexions sur l'évolution de la notion de performance sportive dans les années qui viennent. 

On est à la croisée de "Quand la notion de performance sportive change de nature" et de "Et si désormais il fallait regarder le monde sous ce prisme ?", et on en reparlera forcément le 26 septembre prochain .

Et à propos de "performance sportive" et d'avion, vous pouvez toujours regarder "Et si la vraie question était "comment faire l'amour ?""