Si on part de l'hypothèse que les piétons en étant connectés sont devenus de véritables "PME ambulantes" - voir mon précédent post.
Si on part du principe que ces "PME ambulantes" vont rechercher de nouvelles escales urbaines capables d'accueillir leurs nouvelles pratiques mobiles et connectées.
Alors ...
Alors on peut se poser la question : on regarde où pour penser à quoi pourraient ressembler ces nouvelles escales ?
Parmi les réponses possibles, il y a celle très tentante de regarder ce qui s'est passé dans les rues de Hong-Kong à l'automne dernier à l'occasion du Umbrella Movement contre la dictature de Beijing.
En effet lors de ce mouvement de protestation, les jeunes étudiants de Hong-Kong se sont appropriés l'espace public à la fois de façon très ordonnée - voir là -, mais aussi de façon créative et pragmatique, comme on peut le voir sur ces images extraites du très beau et très émouvant "Under the Umbrella" réalisé par nos amis de Map Office.
Ils ont notamment construit des zones de travail et d'échanges beaucoup plus pratiques que bien des terrasses de café ou des espaces de travail dessinés par des professionnel.
La voiture a transformé les rues des villes pendant un siècle, les smart-phones et le digital vont le faire en beaucoup moins de temps autour de la figure piéton.
Ces espaces imaginés par les étudiants de Hong-Kong en sont une des premières et joyeuses préfigurations.
Tuesday, March 10, 2015
Monday, March 09, 2015
ET SI LE PIÉTON DEVAIT DÉSORMAIS SE PENSER COMME UNE PME AMBULANTE ?
"La rue est maintenant envahie de petites entreprises, de PME qui n'ont pas de client"Voila comment le comédien Fabrice Luchini décrivait récemment les piétons marchant le téléphone collé à l'oreille ou les yeux vissés à leur écran de smartphone.
Question : si nous sommes tous, en effet, devenus des micro-PME en action lorsque nous marchons dans la rue, va-t-on pouvoir continuer à penser le territoire du piéton - à savoir, le trottoir - comme on le fait depuis deux siècles ?
Ne va-t-on pas être obligé de regarder le trottoir comme un territoire purement économique voyant "s'affronter" des "gens actifs" (ceux qui communiquent) face aux simples piétons traditionnels - ce qui ne font que marcher ? En gros, et si après avoir bouleversé tous les espaces de la vie quotidienne, le digital allait aussi nous obliger à repenser les circulations piétonnes ?
La question n'est évidement pas nouvelle - voir là -, et il existe déjà aux Etats-Unis - là - et en Chine - là - des expériences tendant à inscrire sur le sol une séparation entre "connectés" et "non-connectés".
Mais il s'agit d'aller plus loin autour de cette notion de "piéton PME" et de se demander si cette notion ne va pas entrainer une mutation plus radicale de la rue et des trottoirs, un peu comme on s'est posé la question à propos de la voiture autonome - voir "La rue comme usine du futur ?"
On peut aussi imaginer que le piéton apparaisse à terme comme une alternative crédible à "la voiture bureau" - voir "L'embouteillage comme bureau du futur ?".
Ces questions sont au croisement de la question de la rue comme lieu de production du futur - voir "C'est quoi le bureau de demain ? Une camionnette automatique ?" -, mais aussi de la question de la nature des nouvelles escales urbaines qui devront s'inventer pour les actifs nomades - voir, entre autres "Vers de nouvelles escales ?"
Et pour continuer à réfléchir à la question du "piéton PME" et aux nouvelles escales qui pourraient lui être offertes dans un proche avenir, voir là à Tokyo et là à Bangkok.
Et on revient très vite sur cette notion de "piéton-PME".
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Friday, March 06, 2015
QUAND LE LOGEMENT EST PENSÉ COMME UN SUPERMARCHÉ
Pour prolonger mes derniers posts sur l'explosion de nos références spatiales traditionnelles sous l'influence de la révolution digitale, je voulais vous proposer cette récente publicité brésilienne d'ExtraPlus Delivery.
Cette façon de cartographier un appartement comme un magasin montre combien nos catégories spatiales sont aujourd'hui fragilisées par le net et sa promesse de pouvoir "tout faire, partout, tout le temps".
On parle beaucoup de cette révolution pour les bureaux et les transports, mais en oubliant trop souvent ses conséquences sur le logement et l'habitat.
C'est une erreur.
Car avec le digital on va sortir du modèle de l'appartement bourgeois apparu lors de la révolution industrielle avec une certaine spécialisation des pièces qui aujourd'hui ne correspond plus à grand chose. C'est quoi une cuisine aujourd'hui ? C'est quoi une chambre aujourd'hui ? C'est quoi un salon aujourd'hui ? Voir, entre autres, "Et si c'était le travail qui devait révolutionner l'habitat ?" dans la ligné de "Et si nos concepts... "
Cette façon de cartographier un appartement comme un magasin montre combien nos catégories spatiales sont aujourd'hui fragilisées par le net et sa promesse de pouvoir "tout faire, partout, tout le temps".
On parle beaucoup de cette révolution pour les bureaux et les transports, mais en oubliant trop souvent ses conséquences sur le logement et l'habitat.
C'est une erreur.
Car avec le digital on va sortir du modèle de l'appartement bourgeois apparu lors de la révolution industrielle avec une certaine spécialisation des pièces qui aujourd'hui ne correspond plus à grand chose. C'est quoi une cuisine aujourd'hui ? C'est quoi une chambre aujourd'hui ? C'est quoi un salon aujourd'hui ? Voir, entre autres, "Et si c'était le travail qui devait révolutionner l'habitat ?" dans la ligné de "Et si nos concepts... "
Plus, là.
Thursday, March 05, 2015
QUAND LES BUREAUX SONT PENSÉS COMME DES PARCS DE LOISIRS
Les images ci-dessus présentent ce que pourrait être le quartier général de Google aux alentours de 2020 - là.
Les images ci-dessous présentent ce que pourrait être le parc de loisirs et de commerces Europa City aux alentours de 2020 - là.
Ou quand la confusion des temps et des espaces du travail, du loisirs et du commerce se concrétise peu à peu à travers des projets emblématiques d'un certaine nouvelle modernité urbaine.
Europa City comme le Googleplex sont la concrétisation architecturale de l'explosion des frontières traditionnelles des lieux urbains sous l'influence de la révolution du digital qui nous a habitué depuis 10 ans à tout faire n'importe où, n'importe quand.
On est dans la suite logique de ce que nous décrivons dans "Et si nos concepts étaient inopérants pour penser les mutations urbaines à venir ?"
Les images ci-dessous présentent ce que pourrait être le parc de loisirs et de commerces Europa City aux alentours de 2020 - là.
Ou quand la confusion des temps et des espaces du travail, du loisirs et du commerce se concrétise peu à peu à travers des projets emblématiques d'un certaine nouvelle modernité urbaine.
Europa City comme le Googleplex sont la concrétisation architecturale de l'explosion des frontières traditionnelles des lieux urbains sous l'influence de la révolution du digital qui nous a habitué depuis 10 ans à tout faire n'importe où, n'importe quand.
On est dans la suite logique de ce que nous décrivons dans "Et si nos concepts étaient inopérants pour penser les mutations urbaines à venir ?"
Plus là.
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Wednesday, March 04, 2015
ET SI LES BUREAUX DEVAIENT ÊTRE PENSÉS COMME DES STADES ?
La révolution du jogging est née en Californie largement relayée et soutenue par une marque comme Nike - voir là.
La révolution du bureau comme arène sportive viendra-t-elle de la Silicon Valley, et plus spécialement du futur siège social de Google ?
On peut se poser la question au vue des images produites par l'agence BIG pour ce qui pourrait devenir le futur Googleplex - plus là.
On ne sait plus très bien où l'on est : chez Google ? chez Nike ? à l'Insep ?
- "Et si on construisait des douches plutôt que des parkings ?"
- "Et si c'était Nike qui réinventait les imaginaires du bureaux ?"
- "Et si le post-fordism, c'était un homme en mouvement permanent ?"
Ces images sont la fusion de
- "La paroi d'escalade comme bureau idéal ?"
et de
- "Des voitures toujours plus lentes et des piétons toujours plus rapides ?"
Plus là.
Tuesday, March 03, 2015
TRAVAIL DU FUTUR / POURQUOI PARTOUT LES MÊMES VISIONS ?
Ces images pourraient être de nulle part et donc de partout.
Elles sont signées de l'agence Jacques Ferrier Architectures dans le cadre d'une réflexion pilotée par Constructa pour PSA sur la mutation possible des terrains de l'ancienne usine Citroën d'Aulnay-sous-Bois, réflexion à laquelle Transit City fut associée.
Si je vous les propose aujourd'hui ce n'est pas pour vous parler du projet de PSA, mais pour prolonger mon précédent post sur les visions de Google pour son possible futur siège social.
Les images produites pour Google et PSA sont en effet étrangement similaires, se déployant autour des mêmes codes écolo-hight-tech à la fois clean et green.
Un peu comme si aujourd'hui il n'y avait pas réellement d'autres visions possibles du monde du travail, de la ville et de la mobilité.
Un peu comme si toutes les promesses de révolutions liées au net, au mobile à l'imprimante 3 D ne devaient influencer qu'à la marge la pensée sur les lieux de travail du futur - voir "Work in process - c'est quoi un bureau demain ?" et "Et si c'était le garage qui devait révolutionner l'habitat ?"
Comme si tout devait être interchangeable, fluide, pour finir dans une grande confusion - voir "C'est quoi ce lieu ? un campus ? une usine ?"
Ce sentiment de confusion ne peut que s'accentuer quand on compare les images faites pour PSA (ci-dessus) avec celles faites par exemple par Willmotte pour le projet 1 000 StartUp de la halle Freyssinet.
Dans ces images, le travail semble se résumer à des réunions sur des canapés, dans des jardins ou dans des lieux de passages. On est entre le hall d'aéroport - voir là - et le salon de son domicile- voir là.
Cette confusion des lieux peut apparaitre normale. Elle est même dans l'orde des choses, le digital faisant exploser toutes les frontières spatiales définies au XIX° siècle avec le fordisme - voir "Et si nos concepts étaient inopérants pour penser les mutations urbaines à venir ?"
Mais moi ce qui me surprend le plus, ce sont deux choses :
- C'est d'abord le manque d'imagination des architectes qui pensent pourtant être à la pointe de la réflexion urbaine, alors qu'ils ne font, en fait, que mettre en volume l'air du temps publié dans les magasines de décoration. Voilà une profession qui se perçoit visionnaire et qui est en fait de plus en plus souvent dans le grégarisme et le suivisme le plus plat.
- C'est aussi - et surtout - l'absence totale de réflexion sociale qui accompagne ces visions. Comme si ces images étaient neutres, comme si les nouvelles méthodes de travail n'allaient pas changer radicalement nos modes de vie et avoir d'importants impacts sociaux. Ce qui est évidement totalement faux, car ces images sont le reflet d'une vraie révolution du travail et le symbole d'un néo-capitalisme qui n'ira pas forcément dans le bon sens pour tout le monde.
Il faut lire
- "Et si les nouveaux bureaux annonçaient la fin du salariat ?"
- "Travailler, surveiller, ne plus dormir"
mais aussi,
- "Why We're All Becoming Independent Contractors"
- "Three revolutions" ... à méditer plus particulièrement.
Elles sont signées de l'agence Jacques Ferrier Architectures dans le cadre d'une réflexion pilotée par Constructa pour PSA sur la mutation possible des terrains de l'ancienne usine Citroën d'Aulnay-sous-Bois, réflexion à laquelle Transit City fut associée.
Si je vous les propose aujourd'hui ce n'est pas pour vous parler du projet de PSA, mais pour prolonger mon précédent post sur les visions de Google pour son possible futur siège social.
Les images produites pour Google et PSA sont en effet étrangement similaires, se déployant autour des mêmes codes écolo-hight-tech à la fois clean et green.
Un peu comme si aujourd'hui il n'y avait pas réellement d'autres visions possibles du monde du travail, de la ville et de la mobilité.
Un peu comme si toutes les promesses de révolutions liées au net, au mobile à l'imprimante 3 D ne devaient influencer qu'à la marge la pensée sur les lieux de travail du futur - voir "Work in process - c'est quoi un bureau demain ?" et "Et si c'était le garage qui devait révolutionner l'habitat ?"
Comme si tout devait être interchangeable, fluide, pour finir dans une grande confusion - voir "C'est quoi ce lieu ? un campus ? une usine ?"
Ce sentiment de confusion ne peut que s'accentuer quand on compare les images faites pour PSA (ci-dessus) avec celles faites par exemple par Willmotte pour le projet 1 000 StartUp de la halle Freyssinet.
Dans ces images, le travail semble se résumer à des réunions sur des canapés, dans des jardins ou dans des lieux de passages. On est entre le hall d'aéroport - voir là - et le salon de son domicile- voir là.
Cette confusion des lieux peut apparaitre normale. Elle est même dans l'orde des choses, le digital faisant exploser toutes les frontières spatiales définies au XIX° siècle avec le fordisme - voir "Et si nos concepts étaient inopérants pour penser les mutations urbaines à venir ?"
Mais moi ce qui me surprend le plus, ce sont deux choses :
- C'est d'abord le manque d'imagination des architectes qui pensent pourtant être à la pointe de la réflexion urbaine, alors qu'ils ne font, en fait, que mettre en volume l'air du temps publié dans les magasines de décoration. Voilà une profession qui se perçoit visionnaire et qui est en fait de plus en plus souvent dans le grégarisme et le suivisme le plus plat.
- C'est aussi - et surtout - l'absence totale de réflexion sociale qui accompagne ces visions. Comme si ces images étaient neutres, comme si les nouvelles méthodes de travail n'allaient pas changer radicalement nos modes de vie et avoir d'importants impacts sociaux. Ce qui est évidement totalement faux, car ces images sont le reflet d'une vraie révolution du travail et le symbole d'un néo-capitalisme qui n'ira pas forcément dans le bon sens pour tout le monde.
Il faut lire
- "Et si les nouveaux bureaux annonçaient la fin du salariat ?"
- "Travailler, surveiller, ne plus dormir"
mais aussi,
- "Why We're All Becoming Independent Contractors"
- "Three revolutions" ... à méditer plus particulièrement.
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Nouveaux imaginaires urbains,
Post-fordism,
Work
Monday, March 02, 2015
GOOGLE, LE TRAVAIL ET L'ARCHITECTURE : QUAND C'EST LA DÉMARCHE QUI COMPTE
Souvent certaines ambitions sont plus intéressantes par la démarche qu'elles engendrent que par les résultats qu'elles procurent.
Sans préjuger de la forme finale de son futur siège, la démarche de Google de faire travailler deux cabinets d'architectures, en l'occurrence BIG et Heatherwick Studio, pour réfléchir à quoi pourraient ressembler les espaces de travail de demain s'inscrit clairement dans ce cadre de démarche exploratoire pouvant profiter à tous.
Il ne s'agit pas pour Google de dire "Voila, ceci est demain", mais plutôt "Voilà les questions que l'on se pose et les pistes sur lesquelles on travaille".
Voir l'état des réflexions, là.
Les premiers résultats de ce work in progress ne sont totalement disruptifs, mais c'est normal. En faisant appel à des architectes, ceux-ci répondent "architecture", et donc volumes et donc aussi gros poncifs de la bien-pensance urbaine actuelle avec verdure, open space et vélo. Mais qu'importe...
Mais on sent en creux dans leurs propositions que l'approche des espaces de travail de demain est à revoir complètement et que potentiellement les réflexions sur le futur siège de Google peuvent remettre à plat les approches traditionnelles du bureau.
Parmi les idées fortes, on retiendra
- une modularité totale avec la fin du béton au profit des structures métalliques inspirés de Meccano,
- la fin des structures traditionnelles avec la fin des murs fixes et des fenêtres,
- des murs et des toits totalement amovibles et modulables,
- seuls les escaliers et les toilettes seront fixes.
Sans préjuger de la forme finale de son futur siège, la démarche de Google de faire travailler deux cabinets d'architectures, en l'occurrence BIG et Heatherwick Studio, pour réfléchir à quoi pourraient ressembler les espaces de travail de demain s'inscrit clairement dans ce cadre de démarche exploratoire pouvant profiter à tous.
Il ne s'agit pas pour Google de dire "Voila, ceci est demain", mais plutôt "Voilà les questions que l'on se pose et les pistes sur lesquelles on travaille".
Voir l'état des réflexions, là.
Les premiers résultats de ce work in progress ne sont totalement disruptifs, mais c'est normal. En faisant appel à des architectes, ceux-ci répondent "architecture", et donc volumes et donc aussi gros poncifs de la bien-pensance urbaine actuelle avec verdure, open space et vélo. Mais qu'importe...
Mais on sent en creux dans leurs propositions que l'approche des espaces de travail de demain est à revoir complètement et que potentiellement les réflexions sur le futur siège de Google peuvent remettre à plat les approches traditionnelles du bureau.
Parmi les idées fortes, on retiendra
- une modularité totale avec la fin du béton au profit des structures métalliques inspirés de Meccano,
- la fin des structures traditionnelles avec la fin des murs fixes et des fenêtres,
- des murs et des toits totalement amovibles et modulables,
- seuls les escaliers et les toilettes seront fixes.
Dans la vidéo, David Radcliffe le patron de l’immobilier de Google dit « vouloir libérer la construction des limitations de l'architecture traditionnelle que sont les murs, les fenêtres et les toits... " A défaut de totalement renouveler le travail, le Googleplex pourra toujours prétendre renouveler l'architecture.
Dans l'état actuel de ce qui est présenté, on est clairement entre "Et si on se racontait une autre histoire du travail et de la mobilité ?" et "Et si nos concepts étaient inopérants pour penser les mutations urbaines à venir ?" C'est plutôt un bon départ.
Sur ce thème voir :
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