Monday, March 13, 2017

VITESSE : QUAND LE CORPS REMPLACE LES MACHINES

La semaine dernière, le hasard a voulu que deux équipementiers sportifs, Nike et Asics, lançent chacun de leur côté une campagne donnant l'impression de célébrer la vitesse du monde mécanique.

C'est d'abord Nike qui a l'occasion de la sortie d'une nouvelle chaussure (voir, ), révélait avoir monté un défi pour passer sous la barrière mythique des deux heures au marathon (voir, ) sur le circuit automobile de Monza en Italie (voir, )

Et là, de deux choses l'une :
- soit on se dit que Nike court après les symboles automobiles pour montrer la performance de ses produits et de ses athlètes,
- soit, au contraire, on se dit que Nike enterre la course automobile en montrant que les valeurs de vitesse et de performance sont aujourd'hui portés par des hommes... et non plus des machines.

Quand on voit comment Nike justifie le choix de Monza pour battre ce record (bon climat, bonne qualité du revêtement, virage large, bonne distance pour assurer les ravitaillement... ), on comprend que Nike se fout totalement des valeurs automobiles associées à Monza et qu'il considère juste ce circuit comme une piste bonne piste d'athlétisme.

Le pied de nez de Nike est d'autant plus intéressant qu'il fait suite à celui d'Asics qui, fin 2016, avait lui aussi utilisé un des lieux symbole du monde de l'automobile italien (le fameux Lingotto) pour mettre lui aussi en avant un de ses nouveaux modèles -

En fait sous couvert d'hommage à l'automobile, Asics et Nike enterrent gentiment la voiture et font comprendre que l'on a changé d'époque et qu'aujourd'hui la vraie mécanique performante c'est celle du corps - voir sur ce sujet, "Changement de piste"

Un peu comme si la technique était arrivée au bout de sa course à la vitesse, et que c'était maintenant au corps de prendre le relais.

Une analyse que semble confirmer la nouvelle campagne "Don't run, fly" d'Asics - .

A première vue Asics semble vouloir s'inscrire dans les codes de la performances liées à l'aéronautique. Tout y est, notamment l'athlète comparé à un avion ou l'utilisation du parachute pour ralentir. Sauf que...

Sauf que, comme avec Nike à Monza, ce n'est pas la technique qui est célébrée, mais bien le corps en mouvement et le corps qui peut bouger et voler sans forcément de la mécanique.

Le wingsuit est passé par là (voir ici et ici), de même que le kite (voir, ).


Aujourd'hui c'est le corps de l'homme qui porte les imaginaires de la performance et de la vitesse, comme le nontrent les jetman, ces hommes qui avec leurs ailes motorisées font jeu égale avec le plus gros des avions civils, l'A 380 - voir . Ou quand le corps devient l'équivalent d'un fuselage d'avion ou de fusée.

Friday, March 10, 2017

HEAT FACTOR / TRANSIT

Les deux faces d'un même théâtre - celui d'une guerre sans fin et sans frontière - par Richard Moses.

Wednesday, March 08, 2017

ET SI LE DRONE PERMETTAIT DE RÉINVENTER LE TRAIN ?

Pour prolonger le précédent post sur le concept car-drone d'Airbus (), et essayer de comprendre comment celui-ci pourrait changer notre façon de penser la mobilité demain, il faut regarder .

On y découvre, notamment, que ce drone pourrait nous amener à imaginer un modèle de train radicalement différent de celui que nous connaissons aujourd'hui.

Un imaginaire ferroviaire qui est dans la lignée de "Et si demain le train devenait un tube pour voitures autonomes ?"

QUAND LE VOL VA S'URBANISER

Il y a un peu plus d'un an, je posais la question "Drone + voiture autonome = ???"

L'une des réponses pourrait être le concept car-drone "Pop-Up" imaginé par Airbus et Italdesign associant justement une voiture autonome à un drone - toutes les infos, .

De façon plus large, on est dans la lignée de la question "Et si demain tout était dronisable ?"

Sur le plan de l'urbanisme et de l'architecture, cela renvoie au tout récent "prochaine étape ?"



Et sur les nouveaux rapports possibles entre voiture et drone, voir ci-dessous le concept-car de Land Rover - les explications, . C'est la version ambulance des recherches conduites dans le monde de la livraison et de la logistique () ou imaginées par certains pour la police - .

Monday, March 06, 2017

BIENTÔT DES "NO-FLY ZONE" ?


Pour faire le lien entre les deux précédents posts sur l'influence des drones dans la pensée urbaine et architecturale des années à venir - "la livraison comme révolution urbaine" et "la prochaine étape ?" - cette image d'un possible futur proche, .


C'est l'anti-hypothèse de "quand le balcon va remplacer le parking".

Saturday, March 04, 2017

LA PROCHAINE ÉTAPE ?

Une image pour prolonger le précédent post, voir .

Et pour comprendre que ce genre d'équipement ne relève plus forcément, ni totalement, de la science fiction, lire "Dubai tests first mannes drone" dans la lignée de "Drone + voiture autonome = ???"

Friday, March 03, 2017

LA LIVRAISON COMME RÉVOLUTION URBAINE... ET SOCIALE

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Lire "Virginia is the first state to pass a law allowing robots to deliver straight to your door"

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Lire "UPS tests show delivery drones still need work" ou comment UPS tente de rassurer ses salariés en leur faisant croire que le drone ne va pas menacer leur emploi.

 ou quand Mercedes montre que les livraisons vont très vite entièrement s'automatiser.

 ou quand Ford montre clairement que l'on aura plus besoin d'homme pour gérer les livraisons.

Lire "quand le balcon va remplacer le parking" pour comprendre comment la livraison va modifier l'architecture des immeubles.

Lire "et si le drone était aussi une révolution urbaine ?" pour comprendre comment les livraisons par drones vont radicalement modifier la mobilité et l'urbanisme demain.

Sur la révolution sociale, lire :
"Pourquoi faire croire que l'on aura encore besoin des hommes ?"
"Quand les riches n'auront plus besoin des pauvres"

Thursday, March 02, 2017

ET SI LA COURSE À PIED NE SUFFISAIT PLUS À LA COURSE À PIED ?

Suite à mon précédent post sur l'essouflement de certains mythes sportifs - voir, "et si le sport ne suffisait plus au sport ?" -, je voudrais aujourd'hui prolonger ma réflexion en l'appuyant sur un phénomène aujourd'hui peu perçu, mais pourtant bien réel, celui du déclin de la course à pied

Ou pour être plus précis, celui du déclin des grandes courses sur route (marathon, semi, 20 km... ) qui ont connu une croissance continue depuis quarante ans et qui ont alimenté les imaginaires sportifs et urbains depuis plusieurs décennies.

Mais aujourd'hui il faut se rendre à l'évidence ce genre de course sont des courses de vieux... et ne font plus rêver les jeunes. C'était déjà perceptible quand vous regardiez l'âge moyen des inscrit à ces compétitions. C'est aujourd'hui confirmé aux Etats-Unis par de nouvelles études.

Il faut lire à ce sujet la très bonne enquête du WSJ titré "How millenials ended the runing boom" dont j'ai extrait le tableau ci-dessus.

"A sport traditionally dominated by young adults, running is losing its hold on 18- to 34-year-olds. Millennials, in their late teens to mid-30s, recently passed baby boomers as the nation’s largest living generation. In footraces and other running events, however, their presence is shrinking, to 33% of finishers in 2015 from 35% a year earlier."

Évidement les jeunes ne sont pas devenus moins sportifs, mais ils ne se reconnaisent plus dans ce genre de compétitions auxquelles participent leur père, voir leur grand-père. "Millennials aren’t sedentary. Rather, they’re fueling the proliferation of studios that specialize in everything from cycling, CrossFit and boxing to ballet barre workouts, boot camp and weight training."

Ce n'est donc pas à un décrochage sportif auquel nous assistons, mais un décrochage culturel. Les imaginaires traditionnels de la course à pied ne crante plus avec des pans entiers de la population. 

La course a pied urbaine a explosé à la fin des années 70 par opposition aux sports qui étaient jusque là uniquement pratiqué dans les stades. C'est la grande victoire de Nike (le sport non officiel) face à Adidas (le sport officiel). C'est qu'on a appelé le Temps 2 du sport - voir "les 5 temps du sport". Aujourd'hui cette étape 2 s'essouffle.

C'est pour cela que la course à pied se cherche de nouveaux imaginaires notamment dans le ludique avec des courses festives qui connaissent aujourd'hui un véritable boom depuis quelques années à travers les courses nocturnes notamment - . (voir le tableau ci-dessous).

Pour aller plus loin, voir, .

C'est cette mutation culturelle qui explique aussi qu'une marque comme Adidas ait lancé il y a deux ans sur Paris son Boost battle run qui change totalement les codes du running autour d'une confrontation entre quartier avec des codes directement inspirés du "Seigneur des anneaux" et de "Game of Thrones" . L'idée de base est faire la fête, de picoler, de réseauter. C'est une variante de "Run fast = speed sex in the city ?"

On est très loin du "Paris-Versailles" ou de l'ascétisme des marathoniens. On est beaucoup plus proche de "League of Legend" et on comprend aussi beaucoup mieux le succès du E-Sport - voir "et si le e-sport dévorait le sport ?"

On y revient très vite.

Wednesday, March 01, 2017

ET SI LE SPORT NE SUFFISAIT PLUS AU SPORT ?


Nous vivons une époque qui est clairement dominé et dévoré par les imaginaires du sport - voir, .

Mais nous vivons aussi une époque où le sport se cherche de nouvelles promesses et de nouveaux horizons - voir, et .

Un peu comme si les grands mythes du sport - la compétition, le bien être, le dépassement de soi - ne pouvaient plus suffire.

L'une des preuves de cet l'essoufflement des valeurs traditionnelles du sport, peut se voir dans les récentes campagnes Nike dans lesquelles le sport n'est plus le sport au sens traditionnel du terme.

Le sport n'est plus un combat contre un adversaire ou contre soi-même, il est un combat contre les oppressions religieuses (), familiales () ou ethniques () et pour l'affirmation de toutes les différences, notamment sexuelles ().

Un autre témoin de cet essoufflement des grands mythes sportifs est la communication de la chaîne américaine de fitness Equinox.

Cela fait, en effet, plusieurs années qu'Equinox a compris que le discours "transpi+gonflette" ne marchait plus auprès d'une certaine population urbaine aisée.

C'est pour cela qu'elle a dépassé dans sa communication les promesses sportives traditionnelles, pour développer un discours autour de la transgression.

Transgression des codes sociaux - voir "Faire les cons comme nouvel idéal sportif ?"

Transgression sexuelle - voir "Et si le sport n'était qu'une histoire de cul ?"

Aujourd'hui Equinox franchit une nouvelle étape avec sa dernière campagne () en mettant en scène des corps qui cherchent leur accomplissement dans autre chose que le sport et la forme.

Comme si la promesse faite par le sport d'avoir d'un corps parfait ne suffisait plus. 

Comme si les imaginaires du sport ne suffisaient plus au sport.


On ne peut évidement pas réduire l'analyse des nouvelles pratiques sportive à cette approche, mais on ne peut pas non plus l'ignorer car cette vision dessine de nouveaux rapports aux corps, aux handicaps, à l'infirmité et aux nouvelles technologies. Soit, ni plus ni moins, quelqu'uns des grands enjeux des années à venir - voir, "C'est quoi demain un corps humain ?

Pour aller plus loin, il faut lire "Et si nous étions fatigués de nos corps ?"