Sunday, September 14, 2008

BIENTÔT, TOUS DES OSCAR PISTORIUS ?



Parfois la confrontation de deux images vaut tous les discours.

C'est le cas ici entre celle de cet athlète sud-africain Oscar Pistorius, dont je vous ai récemment parlé , et ce groupe monté sur ce nouveau type d'échasses conçu par la société Poweriser.


Certes, aujourd'hui ces échasses high-tech sont vendues comme un produit sportif, mais un peu comme le furent les rollers en ligne il y a maintenant une dizaine d'années. On connaît la suite. Aujourd'hui le roller est devenu un moyen de mobilité urbaine à part entière (même les flics en sont équipés).

Reste à savoir si les échasses new-look et quand même très techniques, ont vocation à suivre le même chemin ? Réponse dans un an ou deux.

Saturday, September 13, 2008

L' ATLANTIDE, MODÉLE URBAIN DU XXI° SIECLE ?

Les photos ci-dessus sont celles d'Haborwalk, une marina située à Galveston au Texas, ville qui attendait, au moment où j'écris ces lignes, le passage de l'ouragan Ike avec une certaine appréhension. Il faut dire que la ville fut déjà entièrement détruite par un ouragan en 1900.

Je ne sais pas comment cette marina construite à l'entrée de la Galveston bay va se sortir du passage de Ike, mais en voyant les images des vagues énormes qui attaquaient déjà la ville vendredi dans la soirée, j'ai immédiatement penser à deux autres images (ci-dessous).

Ces illustrations sont une vision d'artiste de ce qu'aurait put être Atlantide, cette fameuse cité qui aurait été engloutie par les flots, mais dont l'existence et la localisation a toujours suscité beaucoup de fantasmes.

Ce qui m'a frappé dans cette image et ce plan, c'est que l'on retrouve une forme urbaine qui semblait jusque là relever de la pure utopie - car trop parfaite - mais qui curieusement semble revenir furieusement à la mode depuis une petite décennie.

Outre la marina de Galvestone, on ne peut, en effet, s'empêcher de penser aux îles artificielles construites le long des côtes de Dubaï, et qui font partie des grandes images marquantes de ces dernières années en matière d'urbanisme.

D'après tous les ingénieurs et urbanistes, ces îles, leur organisation et leur fondations seraient très fragiles en cas de catastrophes naturelles grave, de type tremblement de terre, tsunami ou tempête très violente. Sans doute ...

Reste que si l'on part du principe que dans les années qui viennent les menaces d'inondations doivent s'accroitre - ce que tout laisse à penser - on peut se demander si le plan de l'Atlantide présenté plus haut, ne pourrait pas apparaître comme un modèle d'urbanisme pour le XXI° siècle ? Alors, oui, j'ai bien conscience que prendre comme modèle une ville qui a disparu sous les eaux pour lutter contre les inondations, peut sembler paradoxal. Mais quand on regarde ces images, on y voit tout un système de canaux assez ingénieux destiné, à la fois, à absorber les montées des eaux, mais aussi conçu comme un véritable réseau de circulations.

Et si demain les villes particulièrement menacées comme Londres ou Mumbaï, devaient repenser leur urbanisme autour d'un réseau de canaux ? Bref, et si au lieu de faire des digues toujours plus hautes, on partait plutôt du principe que l'eau va arriver, et on organise la ville en conséquence. C'est certes aujourd'hui totalement utopique, mais à long terme pas forcément stupide, comme le montrent certaines anciennes réflexions sur la capitale anglaise, où comme le font les hollandais pour l'ensemble de leur pays.

Tout le débat étant de savoir si aujourd'hui il vaut mieux lutter contre le réchauffement ou au contraire le considérer comme acquis et tenter de s'y adapter de la façon la plus intelligente possible. (voir sur ce thème, l'excellent article Adapt or die, paru dans The Economist), certaines visions urbaines aujourd'hui irréalistes commencent à devenir intéressantes.

L'actualité devrait nous donner l'occasion de revenir bientôt sur le sujet, et nourrir ainsi encore un peu plus nos réflexions sur le rôle des catastrophes dans nos façons de penser les villes demain.

Voir .

Friday, September 12, 2008

HURRICANE FORMING



L'image d'en haut a été prise il y a quelques jours au Texas.
L'affiche dessous date, elle, du printemps 2004.

C'est juste l'histoire d'une très rapide mutation qui a nous a fait passer en moins de quatre ans de la fiction à la réalité.

Et pour aller plus loin, voir .

Sunday, September 07, 2008

SUPER-HEROS, CYBORGS ET PARALYMPIQUES

Je viens de finir le dernier et passionnant bouquin de Jean-Claude Guillebaud "Le Commencement d'un monde" dans lequel celui-ci fait une analyse très fine des nouveaux métissages culturels actuellement en cours sur la planète. Il consacre, notamment, tout un chapitre aux relations entre l'Occident et la Chine, pour observer qu'aujourd'hui les deux cultures sont rentrées dans un nouveau dialogue qui dessinera une des lignes de force de la modernité métisse du XXI° siècle.

Si je partage une bonne part de ces analyses, il apparaît aussi très clairement que la Chine vit encore très largement sous les codes occidentaux, notamment en matière d'urbanisme mais aussi dans de nombreux univers de consommation, et notamment le sport. L'Occident - et plus particulièrement les Etats-Unis - reste le modèle et le référent.

J'en veux, notamment, pour preuve les tenues officielles conçues par Nike pour les athlètes chinois à l'occasion des Jeux (voir photo ci-dessus), où l'on voit que la Chine n'a pas eu peur d'habiller ses athlètes en super-héros américains des années 50. Les designers de Nike ont, en effet, marier d'une façon presque caricaturale, la tenue de Flash et de Wonder Woman. (Plus ).

Je m'étais fait la même réflexion lorsque Nike (toujours lui) avait présenté au printemps sa PreCool Vest destinée à lutter contre la chaleur moite de Beijing. L'esthétique de ce super t-shirt frigorifié semble, en effet, complètement calqué dans son esthétisme sur la tenue de Batman.

Alors pourquoi je vous parle de cela ? C'est qu'une des images marquante de ces Jeux n'a pas été une de ces tenues (on ne les quasiment pas vues !!!), mais bien celle de cette nageuse sud-africaine, Nathalie du Toit, qui malgré une amputation de la jambe subie il y a 7 ans, a réussi à se qualifier pour participer à ses premiers JO sur l’épreuve du 10 kilomètres en eau libre.

Si ces images m'ont marqué - et notamment cette façon très décomplexée d'enlever sa prothèse avant les épreuves - c'est que parallèlement passaient sur les chaînes de télévision de nombreux pays des images presque à l'opposée de celles-ci. Il s'agissait d'un spot publicitaire Nike dans lequel on pouvait voir un autre athlète sud-africain amputé, Oscar Pistorius, qui, lui, n'a pas pu participé aux 400 mètres.
On avait avec ces deux athlètes, un choc des images et des messages un peu troublant car en apparence assez contradictoire.

Même si pour Nike il s'agissait avec ce spot de valoriser avant tout le courage et la volonté, plus que la performance, c'est la première fois qu'était mis sur un pied d'égalité, et dans un même spot, athlètes valides et handicapés.

Ce qui me conduit à me demander si ce spot ne serait pas les prémices d'une totale redéfinition du sport dont la première étape serait le brouillage des codes et qui viserait à justifier tous les artifices du moment que cela permet d'être compétitif. On sait, avec le dopage, ce que ce type d'approche a donné, notamment pour certains sport comme le cyclisme. Mais dans les années qui viennent le phénomène pourrait se généraliser avec le développement du dopage génétique dont nous parlent déjà les spécialistes pour les JO de Londres en 2012.

On aurait alors une césure encore plus grande qu'aujourd'hui entre le sport pratiqué par le plus grand nombre et celui de haut-niveau «Nous n'avons plus un sport pyramidal, nous avons deux mondes sportifs totalement dissociés avec, d’un côté, le sport spectacle qui passe à la télé et où les gens se dopent, et de l'autre, le sport de tous, où le principal souci est de se faire plaisir et de s’occuper de son corps" nous avait ainsi expliqué Gilles Dumas, directeur de Sportlab lors de notre Atelier Transit-City sur le thème "Et si la ville devenait un stade ?" Et il poursuivait "Cette incapacité des institutions sportives à comprendre cette évolution est fondamentale, car cela veut dire que ce ne sont plus elles qui feront le sport de demain, mais les marques capables de récupérer ou d'initier de nouveaux imaginaires, comme le fait Nike avec talent depuis plus de dix ans.»

Mais allons plus loin ...


Les images de Pistorius sont fortes - et encore plus quand celui-ci est à l'arrêt - car nous sommes là confrontés à une fusion homme-machine plus que troublante car non cachée, et même au contraire, exacerbée et valorisée. L'affiche de Nike donne une vision très dérangeante d'un nouveau type d'humain. Les deux prothèses sont ici associées la performance et ce en complet décalage avec notre vision habituelle des prothèses médicales.

Et c'est là, que l'on peut se poser une autre question.
La communication de Nike n'est-elle pas en train d'annoncer une mutation totale du sport de haut-niveau qui nous ferait passer de l'image du super-héros, c'est à dire de l'athlète dopé avec une super-combinaison, à celle de l'athlète cyborg hyper-équipé de prothèses d'un nouveau genre ?


Rappelons, en effet, que si Oscar Pistorius n'était pas aux JO de Beijing, ce n'est pas à cause de ses prothèses - le Tribunal arbitral du sport avait annulé l'interdiction que lui avait faite dans un premier temps la Fédération Internationale d'Athlétisme, au prétexte que rien ne démontrait que ces prothèses lui donnaient un avantage sur les valides - mais parce qu'il n'avait pas réalisé les minima exigés par la Fédération sud-africaine.

Donc rien n'interdit d'imaginer que lors des Jeux 2012, nous assistions à des confrontations valides / handicapés.

Si c'est le cas, nos rapports au corps, au sport et à la performance risquent de s'en trouver complètement chamboulé. Et peut-être qu'en 2026, quand cela fera la troisième fois de suite qu'un handicapé équipé de super-prothèses gagnera le 100 mètres en moins de 8 secondes, on regrettera le bon vieux dopage "piquouse + medocs" des années 2000.

Bref, et si sur ce coup là, c'est une nouvelle fois Nike qui avait un coup d'avance dans sa façon de préempter le sport du futur ?
Qui, dans cette optique, pourrait affirmer que cette vision d'Enki Bilal sur le foot de demain est une pure utopie ?


Si je vous parle de cela aujourd'hui, c'est que viennent de s'ouvrir à Beijing, les Jeux Paralympiques ou la fusion athlète-machine va être omniprésente notamment dans de nombreux sports comme le rugby sur chaise roulante.

Ce devrait être l'occasion pour les Chinois de regarder le handicap autrement, dans un pays où celui-ci est traditionnellement interprété comme un signe de malédiction jeté sur la famille.
Et ce même si, comme le reconnaît Jia Yong, le vice-président du Comité national paralympique chinois, "il est irréaliste de penser qu'accueillir les Paralympiques puisse tout changer du jour au lendemain. Cela va prendre du temps, probablement l'effort de plusieurs générations." (voir sa très intéressante interview, )

Et c'est sans doute à travers ce genre d'évolution, que l'on retrouve notre modernité métisse, dont je vous parlais au début de ce post à propos du livre de J.C Guillebaud. On y revient très bientôt.

Sur ces sujets des nouveaux rapports au corps, voir et .

Saturday, September 06, 2008

ET SI LES CATASTROPHES DEVAIENT CRÉER DE NOUVEAUX TERRAINS DE SPORT ?

Les images ci-dessus sont extraites d'un trailer destiné à présenter un jeu qui sortira début 2009 sous le nom de FUEL.

Voici ce qu'en disent ses concepteurs.
"FUEL se déroule dans un présent alternatif où toutes les régions du globe ont été ravagées par des bouleversements climatiques, conséquence d’une activité humaine intensive et irraisonnée.
Ici, les prix du pétrole ont atteint des sommets et un nouveau genre de dingues de la course sont apparus dans ces contrées dévastées et sont prêts à s’affronter au volant de leurs bolides modifiés, dans un nouveau sport extrême où les gagnants remportent des bidons d’essence.’’
Vous aurez compris qu'entre le réchauffement de la planète et l'augmentation du prix du pétrole, tout notre bel avenir y là, mais que, comme c'est un jeu, on y a ajouté de jolies courses de différents types de bolides rappelant les ambiances de Mad Max ou de Water World

Les joueurs peuvent ainsi s'affronter dans des courses de buggy sur des parcours balayés - entre autres - par des tornades ultra-violentes.

Évidement quand on voit ces images et le contexte du jeu, on ne peut s'empêcher de penser au film The Day after tomorow, et notamment à l'affiche du film avec un Los Angeles détruit par d'énormes ouragans. On voit facilement à quelles sources se sont nourries les designers de FUEL.

Oui, sauf que ... Sauf qu'au moment où j'écris ce post, l'actualité a largement rattrapé la fiction. La Nouvelle Orléans vient, sous la menace d'un cyclone, d'être évacuée pendant 48 heures, et une nouvelle fois des milliers d'Indiens sont morts dans de terribles inondations qui touchent une bonne part du nord-est du pays.


Et évidement là, on se prend à faire le lien entre la réalité et FUEL.

Et si, en effet, le réchauffement planétaire et son lot de catastrophes naturelles, ouvraient de nouveaux terrains de jeu pour des organisations comme ASO, l'organisateur du défunt Paris-Dakar, et qui ambitionne, aujourd'hui, de développer un nouveau rallye-raid en Amérique du Sud ?

Quand on voit le mépris que ces gens ont pour les réalités locales des pays pauvres ( Je suis descendu plusieurs fois sur le Paris-Dakar, et j'ai donc vu ce qu'était ce barnum de prétention et d'arrogance), pourquoi ne pas les imaginer organiser, un jour, une compétition de jet-ski dans les zones meurtries de l'Inde ?

Ils nous expliqueraient qu'il font cela pour aider les régions sinistrées traversées. Ils s'associeraient avec des organisations humanitaires, et demanderaient à chaque compétiteur d'apporter une sac de riz à une famille dans le malheur. VSD et Paris-Match feraient de jolies photos et, à la télé, Gérard Holtz finirait ses interventions par "Vive le sport !" Quand aux constructeurs de jet-ski, ils nous expliqueraient que ce genre de compétition est un excellent moyen d'améliorer les machines qui nous serviront bientôt dans les grandes métropoles inondées de la planète. (voir , et .)

Demain, en remplacement du Paris-Dakar ?

Sunday, August 31, 2008

RACKS AND TRAMPE


Non, ceci n'est pas une enseigne de sex-shop, mais un futur rack à vélos qui sera installé à l'angle de la 44° rue et de la 7° avenue à New-York.

Il fait partie d'une série de nouveaux racks à vélos destinée à donner une place plus décente à la bicyclette dans les rues de Manhattan (voir notre post sur le vélo à New-York, )

La question que je me pose, est de savoir si les très pugnaces féministes new-yorkaises accepteront ce rack très lascif et aux formes suggestives. Les autres seront moins moins sujets à polémique, même si la forme de la guitare électrique peut laisser imaginer autres choses que des riff endiablés ... J'imagine que les scénaristes de Sex and the City, doivent déjà être en train de gamberger sur le sujet.



Tout cela a un côté frais et réjouissant qui fait du bien, et qui nous sort de l'habituel, et souvent sans imagination, mobilier urbain que les villes nous imposent habituellement.

L'autre initiative dont je voulais vous parler et qui pourrait vraiment aider au développement de la bicyclette notamment dans les villes aux reliefs prononcés, vient de Trondheim en Norvège. Cette cité universitaire (30 000 étudiants sur une population totale de 150 000 habitants) a, en effet, installé depuis 1993 un ingénieux système de Bicycle Lift répondant au nom de Trampe (Toutes les infos, ).

Sur le plan urbain, cela donne les photos ci-dessous, où l'on découvre que les cyclistes ne sont pas les seuls à bénéficier de ce très basic, mais bien réel, nouveau système de transport urbain.



C'est certes moins collectif que les escalators de Hong-Kong, mais c'est plus multi-modale !