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1 - De nouvelles réalités techniques
- Les équipementiers font le constat qu'ils n'ont pas grand chose à dire sur le réchauffement climatiques et pas beaucoup de solution à offrir contre les canicules.
- Il a toujours été plus facile de se protéger contre le froid que contre le chaud.
- Donc, ils se contentent de sortir quelques produits textiles censés mieux lutter cintre la chaleur et surtout permettre d'évacuer la sueur plus rapidement.
- Ce n'est évidement pas vraiment à la hauteur des défis climatiques qui s'annoncent pour la très grande majorité des pratiquants.
- S'ajoute à ces contraintes techniques, une question de récit pour le futur.
- Que vont pouvoir promettre les marques demain contre la chaleur ?
- Elles rencontrent toutes les mêmes limites techniques.
- La technologie (ex: chaussures à plaque de carbone) va peu à peu devenir secondaire face aux conditions climatiques extrêmes.
À Doha en janvier 2019, la marathonienne Ruth Chepngetich court le marathon en 2 h 32, alors que quelques mois plus tôt, elle le courait à Dubaï en 2 h 17 min. La chaleur et l'humidité lui ont fait perdre 15 minutes - voir, là.
- Le facteur décisif ne va plus être l'objet, mais l'acclimatation, comme nous l'expliquons là.
- L'industrie sait fabriquer et vendre des objets, mais elle ne sait pas vendre un protocole d'acclimatation (ou en tout cas, pas encore)
2 - Les nouveaux profils de l'équipementier de demain
- Les équipementiers vont donc devoir se définir de nouveaux axes de développement.
- Face aux nouvelles réalités climatiques s'imposent, les marques de sport vont devoir peu à peu basculer d'un rôle d'habilleur/styliste à celui de garant de la sécurité thermique dans trois directions possibles :
- Industriel du BTP bioclimatique : Les marques (Nike, Adidas, etc.) sortent du textile pour fabriquer, financer et breveter les toiles tendues, voiles et ombrières de la ville et des stades.
- Fournisseur de survie thermique : Les produits phares deviennent les fibres à haut albédo (thermo-réfléchissantes), les textiles à changement de phase, les semelles isolantes pour bitume brûlant et les gilets réfrigérants. Le prix est fixé par l'indice de protection thermique certifié.
- Gérant de refuges urbains : Les magasins de sport deviennent des îlots de fraîcheur gratuits ouverts à tous permettant de capter les flux piétons.
3 - Axes d'innovation et stratégies de développement
- Pour dépasser la saturation du marché et l'épuisement du modèle axé sur la surconsommation textile, les équipementiers doivent pivoter vers 4 axes :
- axe n°1 - L’intégration verticale vers l'architecture : Capturer la valeur sur la construction de structures d'ombrage et de régulation du microclimat urbain.
- axe n°2 - L'économie de la fonctionnalité : Délaisser la vente ferme pour la location sous abonnement de matériel technique lourd (gilets rafraîchissants, moniteurs biométriques, systèmes de ventilation).
- axe n°3 - Le retail d'immersion (Proof-of-performance) : Installer en magasin des cabines de test à contrainte thermique simulée pour tester l'équipement en conditions réelles avant achat.
- axe n°4 - La monétisation du suivi biométrique : Vendre des capteurs et capsules ingérables de température centrale pour suivre la physiologie de l'effort.
Demain, l'équipementier sportif cesserait alors d'être un simple marchand de vêtements axé sur la performance athlétique pour devenir un opérateur d'ingénierie bioclimatique et de protection physiologique.
4 - L'émergence de nouveaux acteurs concurrents des équipementiers.
Si l'on va au bout de nos analyses et que l'on pousse vers analyse prospective radicale, ce ne sont pas d'autres marques sports qui vont remplacer les équipementiers actuels, mais possiblement trois nouveaux types d'acteurs qui détiennent aujourd'hui les vraies clés de la pratique sous contrainte climatique :
Trois nouveaux types d’acteurs pour remplacer les équipementiers :
- Les géants de l'ingénierie bioclimatique et du BTP
- Dans un monde où le match ou le footing dépendent de la présence d'une toile tendue, d'un corridor d'air ou d'une ombrière, la valeur migre de l'habilleur vers le constructeur.
- Qui remplace les équipementiers ? Des industriels du matériau et des géants de la construction (type Vinci, Bouygues, Saint-Gobain pour se cantonner à des marques françaises) ou des spécialistes de l'architecture textile urbaine.
- Pourquoi ? Ce sont eux qui possèdent les brevets thermiques, les structures d'ombrage et la capacité à aménager des microclimats urbains sans lesquels le sport extérieur devient physiquement impossible.
- Le duo "Entraîneur + Physiologiste" (La réappropriation du protocole)
- Quand la performance bascule de l'objet (la chaussure en carbone) vers la biologie (l'acclimatation sur 14 jours), l'équipementier perd sa souveraineté au profit du staff technique.
- Qui remplace les équipementiers ? Les coachs, les préparateurs physiques, les laboratoires de physiologie de l'effort et les experts en thermodynamique humaine.
- Pourquoi ? Le gain de temps et la survie de l'athlète ne s'achètent plus en rayon sous forme de t-shirt et de gourde, mais se construisent par un protocole biologique que seul un entraîneur sait et peut piloter sérieusement.
- Les acteurs de la medtech et de la gestion du risque
- Si l'enjeu devient la régulation de la température centrale et le suivi cardiaque à 40°C, le maillot respirant cède la place aux instruments de mesure vitale.
- Qui remplace les équipementiers ? Les entreprises de dispositifs médicaux, les plateformes de santé connectée (IA biométrique) et les compagnies d'assurance.
- Pourquoi ? Ce sont elles qui fabriquent les puces, les capsules thermiques ingérables et les algorithmes capables de calculer la fenêtre de pratique tolérable et de couvrir le risque de coup de chaleur.
Dit autrement
- L'équipementier traditionnel (celui qui vend de l'esthétique, du textile et du style) va être pris en sandwich :
- par le haut par les industriels du BTP qui contrôlent l'environnement physique (l'ombre).
- par le bas par les médecins, entraîneurs et spécialistes de la MedTech qui contrôlent la biologie du pratiquant.
Dans un monde plus chaud, celui qui vend du textile ne sera plus l'acteur principal.
Ce sont des hypothèses de travail et de réflexion.
On vous laisse y réfléchir... à l'ombre.