Friday, February 08, 2008

ET SI ON CONVERTISSAIT LES AVIONS EN TOUR ?


Et si on inversait totalement la question ? Et si au lieu de voir les avions comme de nouvelles menaces contre les tours, on les imaginait plutôt comme des supports à une nouvelle architecture ?
La question pourrait paraître plus que provocante, surtout quand il s'agit de repenser l'architecture des tours new-yorkaises, mais c'est pourtant - et avec beaucoup de talent - la réponse que vient d'apporter une équipe de jeunes architectes espagnols dans le cadre du concours "What if New-York ..." sur le thème "Post-disaster housing design concept" (voir post précédent)
Projet imaginé par Concorde Studio: Nissim Haguenauer, Hendrik Gruss, Alfonso García del Rey.
Plus d'infos sur cette jeune équipe : www.concordelab.com
(cliquez sur les images pour les agrandir).




Je ne sais pas pour vous, mais moi quand j'ai vu ces images, j'ai immédiatement pensé au projet Free Time Node / Trailer Cage dessiné par Ron Herron d'Archigram en 1967.

ET SI LEGO PERMETTAIT DE RÉINVENTER L'ARCHITECTURE DE NEW-YORK ?


Les américains sont aujourd'hui obsédés par les catastrophes naturelles et les menaces que celles-ci font peser sur l'urbanisme des villes du XXI° siècle. On ne s'en rend probablement pas assez compte en Europe, mais les inondations de la Nouvelle-Orléans furent un véritable traumatisme pour beaucoup.

Résultat, aujourd'hui les réflexions prospectives sur les catastrophes naturelles se multiplient, comme le montre le récent concours What if New York City ..., dont la problématique était posée comme suit :

What if New York City were hit by a Category 3 hurricane? What if the most densely residential city in the country loses hundreds of thousands of homes in a few hours? What if millions are left with nowhere to live, to work, or to go to school? What if subways flood, streets close, and whole neighborhoods are submerged by up to 23 feet of ocean water and battered by 130 mile-per-hour winds? What if New Yorkers need a place to live during years of reconstruction?

Une problématique très proche de celle que nous développons dans le cadre de Catastrophic Cities, et qui fera bientôt l'objet de plusieurs Ateliers, dont l'un le vendredi 23 mai avec Jean-Pierre Dupuy auteur de "Pour un catastrophisme éclairé", sur le thème "Et si on avait pas assez peur dans nos réflexions prospectives ?"

Parmi les réponses au concours new-yorkais, plein de trucs très stimulants (on y revient dans le prochain post), dont celui présenté ici, et imaginé par deux jeunes architectes portugais ; Margarida Castro et Camilo Rebelo.

Si j'ai choisi celui-là, c'est évidement par réaction à mon précédent post consacré déjà aux Légo et à leur capacité à être de formidables supports à de superbes projets architecturaux (quand ils sont bien utilisés).
Une évidence que tous les gamins - dont Oscar - savent, mais que les architectes oublient un peu.
Quelle ne fut donc pas ma joie, quand j'ai découvert ces superbes images d'un New-York "légoïsé".
Un petit bonheur que je vous laisse apprécier.
(cliquez sur les images pour les agrandir).





Saturday, February 02, 2008

REM KOOLHAAS JOUE AUX LEGO, MAIS SANS IMAGINATION


Que les choses soient claires; Rem Koolhass est un formidable analyste des mutations urbaines, un stimulant agitateur d'idées et de concepts et un architecte plutôt intéressant.
Le problème est qu'en tant qu'architecte, il semble avoir récemment découvert les Lego et décidé, dans le même temps, de cesser de réfléchir à la ville pour se focaliser sur les formes les plus simples qui soient.
Et cela donne quoi ? Et bien, les trois projets ci-dessous, respectivement destinés à Jersey City, Singapour et Hambourg, et qui ressemblent plus à des briques empilées à la va vite, qu'à une vision un peu stimulante de l'architecture.

Ci-dessous, projet 111 First Street à Jersey City, "program of mixed use including apartments, a hotel, artist work/live studios, gallery and retail space."

Complexe de 1 000 logements à Singapour.

Le futur Centre des Sciences sur le port de Hambourg, qui comprendra un aquarium, un "amphithéâtre des sciences" et des espaces d'exhibition

QUAND LES LEGO SONT UTILISÉS AVEC TALENT ...
Les Lego ne sont évidement en rien responsables de ce manque d'imagination de l'architecte hollandais. Tout le monde sait qu'ils peuvent être les supports des plus beaux projets architecturaux.
La preuve ci-dessous avec ce projet un peu délirant de tour jardin imaginée par l'agence danoise BIG.


Friday, February 01, 2008

DE YOKOHAMA A HONG-KONG : LES NOUVELLES VAGUES VERTES

Des images qui méritent peu de commentaires tant elles sont parlantes et qui résument assez bien une des nouvelles tendances des mutations portuaires actuelles.
Là ou il y a quelques années, la verdure arrivait de façon presque anecdotique sur le toit d'une gare maritime (Yokohama), elle se répand aujourd'hui sur tout un quartier sous forme de nouvelles terrasses vertes.

Un jour, Le Corbusier avait amené Dali visiter son immeuble de Marseille, et le peintre catalan avait eu, face à cette architecture très cubique, cette phrase extraordinaire ; "Moi je préfère l'architecture molle et poilue" On est peut être en train d'y arriver.

Pour aller plus loin sur Hong-Kong voir

Sunday, January 27, 2008

POURQUOI LE CAMION N'A-T-IL PAS ÉVOLUÉ DEPUIS 50 ANS ?

Pourquoi les camions d'aujourd'hui ressemblent-ils autant à ceux des années 60 ?

Et si, face aux contraintes environnementales, énergétiques et urbaines, le camion devait totalement se réinventer ?

Et si les poids lourds actuels ne correspondaient ni aux nouveaux besoins ni aux nouveaux imaginaires de la mobilité ?

Comment expliquer que les industriels de ce secteur n'innovent pas plus
?


C'est pour tenter de répondre à ces quelques questions - et à quelques autres - que nous avons invité des équipes de jeunes designers à venir présenter des concept trucks à un certain nombre de professionnels (constructeurs, transporteurs, distributeurs ...) afin d'essayer de comprendre où pouvaient se dessiner demain les lignes de ruptures par rapport aux poids lourds actuels.

Cet Atelier est organisé en partenariat avec la DRAST (Direction de la Recherche et des Affaires Scientifiques et Techniques) du ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables, et l'ENSCI (Ecole nationale supérieure de création industrielle)

Toutes les infos

Cet Atelier s'inscrit dans le cadre de MOBILITÉ(S) 3.0 sur les nouveaux imaginaires de la mobilité et leurs conséquences directes sur la conception de nouveaux produits et de nouveaux services aux gens qui bougent.

Il fait suite, notamment à l'Atelier >Pourquoi la voiture a-t-elle aussi peu évolué depuis 50 ans ? et sera suivi en avril par un autre Atelier sur le thème Pourquoi les transports publics ont-ils aussi peu évolué depuis 50 ans ?

Thursday, January 17, 2008

SAN FRANCISCO 2028 ?

C'est à la fois assez déconnant et très réjouissant, et cela change des sempiternelles mêmes visions sur la ville et les transports de demain. 

Alors de quoi s'agit-il précisément ? Et bien c'est le résultat d'une démarche de deux jeunes artistes, Packard Jennings et Steve Lambert, qui ont été voir des architectes, des urbanistes et des spécialistes des transports et qui leurs ont posé une question toute simple What would you do if you didn’t have to worry about budgets, bureaucracy, politics, or physics ? 

De toutes les réponses recueillies, ils ont tiré six posters qui explorent aussi bien ce que pourrait un métro convivial, qu'un stade de foot transformé en potager ou la ville devenue une vaste réserve naturelle. Le résultat est un petit bonheur d'idées qu'on aimerait tester tout de suite. (voir toutes les images ). 
 

Monday, January 14, 2008

LIGHT MOBILITY : ET SI C'ÉTAIT CELA LE NOUVEAU MODÉLE ?

Parfois l'actualité se fait un malin plaisir de synthétiser en une seule et même journée une grande mutation. Ce fut le cas ce vendredi 11 janvier 2008 avec, d'un côté, le lancement de la Nano par Tata, et, de l'autre, l'ouverture du Salon de Détroit marquée par la grosse déprime du trio GM-Ford-Chrysler. Un trio prisonnier du modèle "toujours plus gros, toujours plus lourd", et qui, incapable de se réinventer, se retrouve aujourd'hui dans une situation financière et industrielle catastrophique.

Juste une question face à cela : et si le 11 janvier devait rester le jour où l'on a tout simplement changer de modèle automobile ?
Et si le rickshaw devenait le modèle urbain du XXI° siècle ?
Une hypothèse sur laquelle on avait déjà beaucoup travaillé pendant le Tour du monde notamment en Asie, et que l'on pourrait résumer en trois slides.
(Voir le Cahier Light Mobility)




Ce qui est certain c'est qu'aujourd'hui cette approche light mobility irrigue déjà l'imaginaire de certaines franges des jeunes générations amenées à réfléchir aux voitures du futur.
Preuve en est ce projet de Globetrotter, imaginé par un jeune indien, Harsha Ravi, dans le cadre du concours Young Designer of the Year organisé par le magasine australien Wheels.




Toutes les infos
Voir aussi sur ce sujet le précédent post, avec les réflexions de l'armée américaine sur la voiture du futur, et plus particulièrement cette notion de "low-speed vehicle"

Sunday, January 06, 2008

ARMÉE : DU HUMMER A LA VOITURE DE GOLF ?

Les changements climatiques et le baril de pétrole à plus de 100 $ vont-ils conduire l'US Army à réinventer, entre autres, la voiture du futur ?

On peut se poser la question tant ces deux sujets vont devenir cruciaux pour elle dans les années à venir, et ce aussi bien sur le plan stratégique que de l'approvisionnement énergétique. Il faut, en effet, savoir qu'elle est aujourd'hui déjà la première consommatrice d'énergie au niveau mondial, avec une facture de plus de 13 milliards de dollars en 2006 !!! S'ajoute à cela le fait que le carburant représente à lui seul plus de 70% du tonnage transporté sur un champ de bataille !!! Si la guerre de demain c'est, outre l'électronique, la rapidité et la souplesse, on comprend que l'armée américaine va devoir revoir tout son mode de fonctionnement.

En 2006, un lieutenant-colonel de l'US Air Force, Michael Honistechek, avait publié un article intitulé "La Guerre sans pétrole : un catalyseur pour une véritable transformation". (le document War without oil est téléchargeable )
Le Pentagone en tire aujourd'hui les conséquences en s'interrogeant, notamment, sur le type de véhicule terrestre dont pourraient être dotées ses troupes dans les décennies à venir.

En mai dernier, le The Boston Globe, rapportait une information passée inaperçue mais qui révélait que l'US Air Force prévoyait d'acquérir d'ici 2010 des jeeps light, directement inspirées des voitures de golf. Des voitures qui ne dépasseraient pas les 40 km/h, et dont la consommation n'excéderait pas les 6 litres au 100 !!! Soit exactement le contraire de ce qui fut le symbole de cette armée américaine depuis 20 ans, le fameux Hummer de GM (25 litres au 100, lui !!!). (l'article Environmental defense in extenso, )

Et le journaliste d'expliquer "These "low-speed vehicles" are just one part of a broad effort by the American military to drastically reduce its use of traditional fossil fuels at a time when global oil markets are unstable, gas prices are approaching historic highs, and climate change is increasingly a matter of bipartisan political concern. In scale and coordination the effort is not the Manhattan Project some critics say is needed. But as a loose collection of initiatives, it is impressive in its breadth, encompassing the everyday and the exotic: from energy efficient windows and light bulbs and geothermal plants to research into jet fuel that can be made from weeds, portable generators that run on plastic waste, and even a fleet of satellites to harvest solar power from space."
"It also, some analysts say, could have a dramatic impact on the broader effort to move society away from fossil fuels. The American military has a storied record as a technological innovator: the computer, the commercial jetliner, and the Internet originated from military research and transformed modern life. And with billions to spend it can provide a major proving ground for new energy technologies developed in the private sector."

Alors à quoi pourrait ressembler ce futur "low-speed vehicles" ?
Les pistes développées par GM avec son Hummer O2, par la Nasa avec son Lorax ou Venturi avec sa voiture écolo, voir, pourquoi pas ? , celle de MDI avec sa OneCATs à air comprimée, apparaissent pas forcément inintéressantes.


De façon très discrète, l'armée américaine prépare ainsi juste une vraie révolution automobile autour de cette notion de "low-speed vehicles". Concept qui rentre en résonance avec nos réflexions sur la "light mobility" et qui confirme que le modèle automobile tel que nous l'avons connu depuis 50 ans est en train de disparaître doucement. Mais qui s'en plaindra ?

Sur les analyses de l'armée américaine concernant le changement climatique et ses éventuelles conséquences stratégiques, voir le très révélateur rapport National security and the threat of climate change.

Friday, January 04, 2008

ARMÉE : 2 000 ANS D'ÉCART, MAIS LA MEME LOGIQUE ...

Dans le livre Mutations, publié en 2001 par Actar à l'occasion de l'exposition éponyme organisée par Arc en Rêve à Bordeaux, la première partie a pour titre "Comment construire une ville / Roman Operation System". Un groupe d'étudiants d'Harvard y présentent les éléments de base pour jouer à une sorte de Sim's City mais à l'époque de l'Empire romain. "Construire des villes est l'acte le plus important de production (et de reproduction) à l'intérieur de la société et, en tant que tel, l'entité à travers laquelle Rome exprime le plus clairement ses aspirations mondiales et les affine" expliquent-ils. "Chaque ville pour être complète, est dotée d'un ensemble d'éléments standardisés qui servent à affirmer et maintenir l'autorité impériale"



Le plan des villes romaines, quelque soit le contexte local, s'organisait, en effet, toute selon le même schéma rectangulaire traversé par deux voies principales (le cardo et le decamus). Ce schéma s'inspirait directement de l'organisation des camps des légions romaines qui avaient bâtit l'Empire. L'impérialisme passait à la fois par les armées et par l'urbanisme. L'histoire s'est ensuite de nombreuses fois répétée partout dans le monde, et notamment en Afrique ou en Amérique du Sud.

Deux milles ans après, la même histoire est-elle toujours en train de se poursuivre ? On peut le penser et notamment après la lecture de l'excellent America Town de Mark L. Gillem, auteur qui a la particularité d'être un ancien officier de l'US Air Force devenu aujourd'hui professeur d'architecture à Univeristy of Oregon.


Sous-titré de façon très éloquente Building the Outposts of Empire, ce livre nous montre comment, à l'image de Rome, les États-Unis ont exporté - et exporte toujours - leur mode de vie à travers la conception de leurs bases militaires directement inspirées de leurs banlieues. Tout y est, des petits pavillons entourés de gazon aux malls commerciaux avec toujours les mêmes enseignes de fast food. On est parfois très très loin de la base militaire, pour se retrouver plutôt dans n'importe quelle Gated communities américaine. Ce qui nous ramène bien évidement à la question de savoir qui aujourd'hui, des bases militaires ou des gated, copie qui ? Le plan et les photos de bases américaines valent, de ce point de vue, tous les discours.


Pour aller plus loin, voir mais aussi la très bonne analyse du magasine Courant

Monday, December 24, 2007

BUS : EN COURANT OU EN PÉDALANT ?

En 2006, à Los Angeles fut présenté par Honda un bus dont l’énergie serait fournie par des joggers courant sur des tapis de course. Ce Running Bus se voulait le premier “human powered hybrid” (voir images ci-dessous). Une belle fiction qui n'est pas sans rappeler celle de la Nike One.

A chaque fois que, lors de conférences, j’ai présenté ce projet, j’ai plus rencontré des sourires amusés que des regards ou des marques d'intérêts indiquant qu’il y avait peut-être là une piste à gratter pour l’avenir.
Pourtant, quelques mois plus tard était lancé à Rio un bus équipé de vélos d’exercice. Alors l’hypothèse Honda validée ? Non car ce Bus Bike n’est en fait qu’une salle de fitness mobile qui propose à ses abonnés de faire du sport pendant leur temps de trajets.

Parallèlement au lancement de ce service de bus, le California Fitness Club de Hong-Kong, équipait ses stairs-master et ses vélos d’exercice d'un système permettant de produire de l’électricité. Tous les appareils sont branchées sur une centrale et participent ainsi à l’éclairage de la salle !!!!

Alors BusBike de Rio + California Fitness Club de Hong-Kong = Running Bus du futur ? Si l’hypothèse est encore aujourd’hui peu crédible sur le plan technique, elle permet de continuer de rêver.
Surtout quand on découvre qu'à Toronto a été lancé un service de bus-vélo (photo ci-dessous) reprenant de façon plus basique cette belle idée.

PS : A ce sujet, j'ai juste une question toute simple : quand la réglementation d'un certain nombre de pays européens - dont la France - va-t-elle enfin autoriser les transporteurs à équiper leurs bus de porte-vélos comme il en existe déjà dans de nombreuses villes américaines, australiennes et canadiennes ?

Voir aussi

Saturday, December 22, 2007

AVION : DEBOUT OU COUCHÉ ?

Les américains n'ont jamais apprécié que l'Europe puisse-t-être une puissance aéronautique. Et c'est un véritable plaisir de lire la presse anglo-saxonne sur le sujet tant le dénigrement y est poussé à son comble. Et depuis quelques semaines avec les déboires de l'avionneur européen, ils s'en donnent à coeur joie. Mais ces campagnes de dénigrement donnent parfois lieu à de belles images sur ce qui pourrait nous attendre en matière de confort dans les avions dans les années qui viennent.

Le New-York Times, reprenant l'info selon laquelle les designers d'Airbus travaillaient sur des projet de "mal-assis" pour les vols courts-courriers, avait publié une belle illustration (ci-dessous) valant tous les discours sur les logiques des compagnies aériennes en matière d'aménagement pour les classes éco.


Mais sur ce sujet, le plus beau nous vient du Daily Mail anglais qui publiait le 7 août dernier cette image d'un Airbus A 380 transformé en dortoir.


Une proposition loin d'être aberrante tant le rayon d'action des longs courriers tend à s'allonger pour permettre aujourd'hui des vols de 18 heures, comme entre Singapour et New-York.


Mais avec de telles images, on est évidement très très loin des publicités d'Air France qui veulent nous faire croire que ses avions sont des temples du confort et de la zen attitude. (Interdit de rire)


Je me suis d'ailleurs toujours demandé pourquoi la signature d'Air France était "Faire du ciel le plus bel endroit de la terre" et non pas - ce qui devrait être la véritable ambition de la compagnie - "Faire de l'avion le plus bel endroit du ciel" ? Peut-être parce qu'ils savent qu'ils seraient incapables de répondre à cette promesse, pourtant très concrète.

Reste qu'aujourd'hui l'aménagement des avions est d'une telle pauvreté en classe éco (80% des passagers) que les images du New-York Times et du Daily Mail apparaissent comme de formidables stimulants sur les visages possibles des cabines demain.
Je trouve même que l'image du dortoir dans l'A 380 n'est pas sans rappeler la poésie des trains de nuits indiens, thaïlandais ou chinois. C'est évidement d'autres références que celles que tentent de véhiculer les compagnies, mais qui ne manquent pas d'un certain charme. Ceux qui ont essayé ces trains comprendront ce que je veux dire, j'en suis sur. Il existe de nouveaux codes de confort à inventer dans l'aérien, afin que l'avion redevienne un véritable lieu du voyage (comme le train ou le paquebot) et non plus simple lieu du déplacement.

Et je ne résiste pas à vous mettre ci-dessous la transcription d'un entretien que j'avais eu, il y a quelques années, avec ce grand voyageur qu'est Claude Villers.
"L'avion, c'est utile, mais je ne cherche pas l'utile quand je voyage. L'utile m'ennuie. Moi, je préfère le rêve. Si on ne rêve pas on ne peut pas vivre, et si il y a bien un moyen de transport qui aujourd'hui a tué le rêve du voyage, c'est bien l'avion. Quand on est enfant on n'aime pas les cadeaux utiles, on aime les cadeaux qui font rêver. Et bien moi je suis resté un gosse, et je veux que les moyens de transports me fassent rêver, et pas seulement qu'ils me transportent. Il n'y a aucune poésie dans le voyage en avion. Aujourd'hui grâce à l'avion on part plus loin et plus vite, mais le voyage en lui même est une horreur. On est prisonnier dès son arrivée à l'aéroport. Les salles d'attentes d'aéroports sont aussi sinistres que l'intérieur des avions. Ce sont simplement des enfilades de sièges. Vous rejoignez l'avion par un bras téléscopique ; on ne voit plus rien, on ne sent plus rien ; tout est aseptisé, fonctionnel pour embarquer et débarquer les passagers toujours plus vite. On est loin du voyage."

Tuesday, December 18, 2007

PEUT-ON PENSER L'AUTO SANS LE MOBILE ?

Dans un précédent billet, je me demandais si nous pouvions encore penser la voiture, sans intégrer les nouveaux imaginaires liés aux jeux vidéo

Dans le cadre de nos réflexions sur la
Mobilité 3.0, je me suis essayé à un petit exercice lié au mobile autour d'une question toute simple : et si les différentes phases de la téléphonie/communication mobile nous permettait de dessiner un nouveau futur et un autre modèle automobile ? Et cela, tant dans la forme et la marque de la voiture, que dans son mode d'accès.
La phase 1 serait liée au modèle japonais symbolisé par le téléphone de Sony et qui a correspondu , il y a trois-quatre ans, à l'apparition dans les écoles de design d'illustration de concept car du nom de la marque de l'inventeur du walkman.
Pour de nombreux jeunes du monde entier
Sony symbolisait une nouvelle mobilité liée à la musique et au fait de pouvoir être connecté en permanence aux autres.

La phase 2 serait liée à l'aura dont bénéficie Apple aujourd'hui avec son i-Phone et qui correspond, depuis quelques mois, à l'apparition de concept-car Apple et à la publication sur internet de photos de ce que certains imaginent comme une future Apple Car conçue avec Volkswagen.


La phase 2.1 serait la duplication du modèle de l'abonnement I-Phone / ATT aux Etats-Unis (ou I-Phone /Orange en France) pour lancer un nouveau concept de service de voiture électrique. C'est en tout cas, l'ambition de Shai Agassi qui dans le cadre de son Project Better Place, qui ambitionne de mettre sur pied un service d'abonnement semblable à celui de la téléphonie.
En gros, et pour faire simple, tout comme
Orange ou SFR vous offre votre mobile pour 1 Euro si vous vous abonnez chez eux, Agassi pense développer un nouveau business model qui permettant d'accéder à une voiture électrique contre un abonnement à un fournisseur d'électricité. A défaut de savoir si cela est réalisable (une voiture coûte quand même un peu plus cher qu'un mobile) reste que le rapprochement des deux modèles est loin d'être inintéressant et dessine probablement de nouveaux modes d'accès à la voiture.

La phase 3, quand à elle, serait à lier avec l'omniprésence de Google dans tous ce qui est lié à la mobilité et qui aboutit à l'hypothèse de l'apparition un jour ou l'autre d'une Google Car. Certains (dont je fais partie) vont même jusqu'à faire l'hypothèse que cette Google Car pourrait remettre complétement à plat tous les fondamentaux et toute l'organisation du marché automobile actuellement.


Cette hypothèse est très stimulante, tant il apparaît aujourd'hui que les constructeurs traditionnels ont le plus grand mal à réinventer un modèle automobile à bout de course. A bout de course car incapable de répondre aux nouveaux imaginaires des jeunes générations, ni - et encore moins - aux défis écologiques des années à venir. Nous vivons probablement actuellement
la fin d'un cycle automobile apparu aux Etats-Unis il y a 70 ans.

Et tout comme on sait que ce ne sont pas les fabricants de calèches qui ont inventé la voiture, on peut se demander qui, demain, va réinventer la voiture ?

Ces réflexions s'inscrivent dans le chantier
Mobilité 3.0 / Mobility 3.0 que nous avons ouvert lors du tour du monde et dans la lignée directe de nos précédentes réflexions sur la mobilité et les nouveaux imaginaires qui y sont liés.