Tuesday, September 08, 2020

ET SI NARA DEVENAIT UN MODÈLE POUR PENSER LA REWILD CITY ® ?

Si on part du principe que nous allons vers un réensauvagement des villes - là.

Si on fait l'hypothèse que ce réensauvagement va se concrétiser par le retour d'animaux sauvages dans les zones urbaines - là et là.

Alors se pose forcément la question de savoir où regarder pour penser ce retour possible du sauvage dans la cité, et ce hors période de confinement - là  ?

L'une des possibilités est de regarder ce qui se passe dans l'ancienne capitale du Japon, Nara, qui abrite depuis des siècles des cerfs en liberté.

Leur présence est liée à la légende de Takemikazuchi, divinité protectrice de la ville montée sur un cerf ailé blanc. Si depuis 1945 les cerfs ne sont plus considérés comme sacrés, ils sont toujours très respectés et font entièrement partie de l'identité de l'ancienne cité impériale.

Un millier de cerfs vit toujours en liberté au coeur de la ville et ce en bonne intelligence avec les humains et sans que cela ne pose aucun problème (même de circulation automobile). 

Evidement le shintoïsme joue un rôle fondamental dans ce comportement de la population, deux des enseignements importants de cette religion nippone étant de vénérer les forces de la nature et de respecter tous les êtres vivants.

Aujourd'hui, Nara offre une vision apaisée du réensauvagement et permet ainsi de penser au réensauvagement sans caricature - là.

Et à ceux qui douteraient de cette évolution vers un possible réensauvagement , on fera juste remarquer que dans son projet de Woven City, Toyota présente déjà des animaux en liberté dans les rues (voir ci-dessous). On peut considérer cela comme du pur marketing, ou se dire qu'il y a peut être là quelque chose d'émergent en train de naitre.

Friday, September 04, 2020

C'EST CELA LA NOUVELLE HISTOIRE URBAINE ?

Au printemps, nous évoquions l'hypothèse qu'il serait dorénavant impossible de penser la ville sans intégrer les animaux sauvages dans la pensée urbaine - là et là.

Il y a quelques jours nous faisions l'hypothèse que le Muséum national d'histoire naturelle allait devenir un grand lieu de la pensée urbaine - là.

Dans notre précédent post, nous posions l'hypothèse d'un chassé croisé entre le monde urbain et le monde sauvage - "Et si nous passions de l'urbain diffus au sauvage diffus ?".

C'est trois hypothèses font parties des pistes de travail que nous développons depuis plusieurs mois dans le cadre de notre chantier Rewild City ®.

Mais ce qui n'était que des hypothèses, semblent aujourd'hui se valider comme véritables base d'une pensée urbaine à réinventer.

Pour s'en convaincre, on peut lire le très stimulant "Zoocities - Des animaux sauvages dans la ville" de Joëlle Zask, qui vient de juste de paraître et qui rejoint de nombreuses de nos réflexions.

Extraits.
"Les animaux sauvages sont de plus en plus nombreux à s’introduire dans le milieu urbain, celui-là même qui nous semble pourtant leur être le moins adapté. Le confinement n’a fait que révéler un phénomène qui lui préexistait. Depuis quelques années, et alors même que nous constatons avec consternation l’extinction de milliers d’espèces et que nous nous demandons comment réensauvager la nature détruite par les activités humaines, les bêtes sauvages, sans attendre les effets hypothétiques de nos bons soins, affluent." 
"Voilà que la ville, conçue dans sa structure même pour les repousser, parvient à les attirer. Victimes d’un exode rural, opportunistes ou réfugiés clima­tiques, les animaux sauvages y cherchent plus qu’un refuge. Ils y cherchent, que nous le voulions ou non, un habitat.'  
"Face à une nature dénaturée par des produits phyto­sanitaires, des forêts fragmentées et déboisées, des plantations industrielles, des chasses aussi intensives que cruelles, des feux dévastateurs, le dérèglement climatique, l’étalement planétaire des zones urbaines, la compartimentation des territoires par des murs et des voies de circulation infranchissables, il semble qu’il faille modifier toutes nos ­perspectives. Car, tandis que les espaces ruraux deviennent de plus en plus hostiles, les villes, elles, « verdissent (...) Au risque d’une inversion complète des choses qui conduirait à des villes biologiquement plus « vertes » et plus viables que les campagnes." (...)   

 "Les animaux font plus qu’offrir la perspective d’une nouvelle géographie urbaine." (...)  

" Ils nous contraignent à interroger nos conditions de vie." 

On est dans le prolongement de "Et si le sauvage nous aidait à redéfinir nos sensibilités urbaines ?"

"Ce qu’est la ville pour les animaux sauvages, et ce que sont ces nouveaux occupants pour les villes, nous n’en avons aucune idée. Il y a fort à parier que s’ils pouvaient parler, ce qu’ils nous diraient de leur expérience de la ville ressemblerait peu à ce que nous croyons en connaître."


"Et inversement, si la ville pouvait s’exprimer, ce qu’elle raconterait de leurs parcours et de leur lieu de résidence serait sans doute étonnant. Elle dévoilerait une pléthore de géographies encastrées les unes dans les autres, superposées, décalées dans le temps, les unes au coude à coude, d’autres parallèles, avec des vides, des intersections, des échelles de grandeur contrastées. Comme l’a montré Vinciane Despret au sujet des oiseaux, il y a autant de formes de l’espace et, en particulier, du territoire que d’espèces"

"Avec les animaux se produit une diversification des usages de la ville à laquelle la culture urbanistique est généralement hostile."

Wednesday, September 02, 2020

ET SI ON PASSAIT DE "L'URBAIN DIFFUS" AU "SAUVAGE DIFFUS" ?

Si on fait simple.

Si on fait simple, on considère que la totalité des milieux dans lesquels nous vivons, peuvent se définir par trois termes : 

- la ville, c'est à dire le monde urbain,

- la campagne, c'est à dire le monde rural, 

- et l'espace sauvage, c'est à dire le monde difficilement vivable pour les humains.

Cela, c'est la segmentation idéale et forcément simpliste.

Mais dans la réalité, les choses sont évidement plus compliquées.

La ville a envahi la campagne avec la voiture et la maison individuelle - c'est ce que l'on appelle l'urbain diffus. 

Et le phénomène ne cesse de croitre - là.

Aujourd'hui, il est de plus en plus difficile de définir ce qu'est la campagne - là, là et là.

Et, de son côté, la forêt longtemps considéré comme espace sauvage, devient de plus en plus un territoire agricole - là.

Aujourd'hui, toutes les frontières sont donc devenues très floues.

Surtout que parallèlement, on constate ...

- ... que la campagne réinvestit la ville, via l'agriculture urbaine notamment - là.

- ... que la forêt devrait réinvestir la ville, - voir, là.

- ...  et que l'idée de "réensauvager" les villes est une piste de travail de moins en moins aberrante - voir Rewild City ®. 

Alors ...

Alors, et si devant ces constats, nous devions changer le sens de nos réflexions ?

Avant, on mettait l'homme au centre de la réflexion. 

Tout partait de lui.

C'était lui le conquérant.

Et si aujourd'hui, on devait mettre le monde sauvage au centre de la réflexion ?

Et si désormais, on inversait nos modes de pensée ?

Et si on partait plutôt du principe que c'est le monde sauvage qui allait s'emparer des mondes dit "civilisés" ?

Et si c'était le "sauvage" qui devenait le conquérant ?

Et si dans les années qui viennent, c'était donc plutôt le sauvage qui s'étendait ? - là.

Dit autrement : et si pour penser l'urbain de demain, on passait de "l'urbain diffus" au "sauvage diffus" ?

C'est pour travailler sur la question que nous avons lancé notre chantier Rewild City ®. 

Des éléments de réflexions avec "Et si c'était là, qu'il fallait regarder ?"

Monday, August 31, 2020

OÙ REGARDER POUR PENSER L'URBAIN À VENIR ?

Nous avions fait l'hypothèse de travail que pour comprendre le monde actuel, trois musées pouvaient poser les bonnes bases de connaissance et de réflexion si le monde urbain à venir - là.

Si on veut comprendre les bases du système industriel, économique et urbain dans lequel nous vivons, on peut aller à Orsay.

Si on veut comprendre la modernité occidentale du XX° siècle dans laquelle nous baignons encore, on peut aller à Beaubourg.

Mais si on veut comprendre le monde et, surtout, s'ouvrir aux autres cultures, il faut aller au musée Branly

Branly permet de penser le monde d'une autre façon et avec d'autres références

Voir notre vidéo sur l'avenir des villes sous le prisme de Branly, là.


Aujourd'hui, nos interrogations sur le rôle de Branly concernent notamment son rôle dans la définition de ce que nous appelons l'Outdoor City ®, - là.

Faire du Muséum national d'histoire naturelle un point d'appui à la pensée urbaine, est une hypothèse qui a émergé récemment en travaillant 
- sur la forêt - là,
- sur le réensauvagement - là,
- sur les nouveaux imaginaires urbains - là,
- sur les nouvelles approches animalières - là.

Nous avons fait notre quatrième musée pour nourrir et alimenter notre réflexion sur les nouveaux rôles de la nature dans la pensée urbaine.

Notre question aujourd'hui est toute simple : si le Muséum national d'histoire naturelle nous aidait à construire la Rewild City ® d'un monde plus chaud ?

On y revient très vite.

Thursday, August 27, 2020

ET SI ON RÉENSAUVAGEAIT NOS ENFANTS ? / REWILD GENERATION ®

Nos enfants seraient trop sédentaires.

Trop collés à leur écrans.

Pas assez sportifs.

Trop gros.

Bref, ils seraient tout comme il faut pas ...

Il serait l'Indoor Generation.

Mais est-ce qu'on leur donne vraiment envie de se dépenser ?

De sortir de leur chambre ?

De se décoller de leurs écrans ?

Est-ce qu'on leur offre en ville des espaces où ils pourraient vraiment s'éclater ? 

Voir "Pourquoi le sport en ville est-il aussi peu imaginatif ?"

Ils sont où les espaces de liberté dans la ville ?

Voir "Sauf que tu n'as pas le droit ..." 

Et si la notion Rewild City ®, permettait d'inventer et de leur offrir ces espaces de liberté et de déconnades ?

Et si la Rewild City ®, c'était donc non seulement une question sociale - là - mais aussi une question de santé publique, celle de  faire bouger les kids ?

Dit autrement : et si on réensauvageait nos enfants comme le suggérait récemment le magazine Outside ?

Et si, on offrait à nos enfants de vrais occasions de se réensauvager en ville sans être obligés de les envoyer à la campagne, à la mer ou à la montagne ?

Et si, on pensait la ville sous le le prisme de l'Outdoor City ®, c'est à dire sous le prisme de la nature et l'activité physique ?

Et si on faisait passer nos enfants de l'Indoor Generation à la Rewild Generation ® ?

Et si c'était cela l'un des grand combat urbain du XXI° siècle ?

Rewild Generation ® sera en tout cas l'un des grands chantiers de Transit-City pour les mois qui viennent.

Tuesday, August 25, 2020

ET SI LA REWILD CITY® ÉTAIT SURTOUT UNE QUESTION SOCIALE ?

Richmond, Virginia.

Monter un Forest Lab ®, ...

Tenter de définir ce que pourrait être une Outdoor city ®, ...

Essayer d'imaginer à quoi pourrait ressembler une Rewild city ®, ...

... ce n'est pas faire un travail de prospectiviste déconnecté des réalités urbaines.

C'est, au contraire, réfléchir à la ville en mettant au centre de la réflexion les deux grands enjeux du monde urbain du XXI° siècle, à savoir la question des inégalités sociales et celle du réchauffement climatique.

On en a déjà parlé à propos de New Delhi - là.

On en a déjà parlé à propos de Los Angeles - là.

Nouvelle illustration aujourd'hui avec ces 5 cartes de Richmond en Virginie aux Etats-Unis, tirées de l'excellent "How decades of raciste housing policy left neighborhoods sweltering" publié par le NYT.

Et quatre photos pour mieux comprendre ces inégalités.

Comment réensauvager les rues ? - là ?

Comment réensauvager les aires de jeux ? - là ?

Monday, August 24, 2020

C'EST QUOI PENSER UNE ROUTE DEMAIN ?

Si on fait le constat que l'outdoor devient un grand imaginaire de la mobilité - là.

Si on fait l'hypothèse que les penseurs du réensauvagement deviennent les urbanistes de demain - là.

Si on réalise qu'un artiste comme Hamish Fulton nous permet de penser autrement les liens entre mobilité, routes, nature et terres sauvages ... 

Alors, pourquoi ne pas imaginer croiser le travail de Fulton avec les réflexions de Baptiste Morizot et celles de Vinciane Despret ?

C'est à dire engager une vraie réflexion prospective entre :

Thursday, August 20, 2020

ET SI ON RÉENSAUVAGEAIT LES STADES ?

Quatre constats : 

- le sport est depuis longtemps sorti des stades - là.

- les stades sont d'immenses infrastructures souvent vides - là.

- le Covid n'a fait qu'accélérer ces deux tendances - là.

- les stades sont devenus de simples studios télévisuels - là.

Si les stades ne servent plus à rien, se pose une question toute simple :

- "Et si on arrêtait de construire des stades ?"

Si parallèlement, on fait le pari que l'outdoor et le réensauvagement vont devenir des grandes valeurs de l'urbain du XXI° siècle 

- "Et si l'outdoor devenait le grand imaginaire urbain du XXI° siècle ?"

- "Et si on réensauvageait nos villes ?"

Alors se pose la question de comment imaginer les stades de demain  :

- "Et si demain, le vrai stade était autour du stade ?"

- "Et si on construisait des stades en pente ?"

- "Et si la forêt dévorait les stades ?"

Entre enjeux sanitaire et enjeux climatiques, s'ouvre actuellement une période exceptionnelle d'opportunités d'imaginer d'autres avenirs aux stades.

Pourquoi dans ce contexte ne pas imaginer de réensauvager les grands stades ?

On peut faire l'hypothèse avec le stade San Siro à Milan - les détails, là.

On peut faire l'hypothèse avec le Camp Nou de Barcelone - les détails, là.